Jeudi, 16 Août, 2018

Macron accusé d'atteinte à la laïcité — France

France : Macron veut poursuivre les réformes «avec la même force» Les tensions sociales ne dévieront pas Macron de ses réformes
Manon Joubert | 13 Avril, 2018, 01:29

"Il n'y a pas le moindre doute" ni "le moindre fléchissement" sur le sujet de la laïcité, a-t-il tranché.

La polémique a pris en quelques minutes sur Twitter et se poursuivait mardi. Lundi soir, Emmanuel Macron a prononcé un discours devant la Conférence des évêques, réunie au collège des Bernardins, à Paris. C'est cette option qu'Emmanuel Macron a défendue devant les téléspectateurs de TF1. Mais avant tout discours, la CEF a voulu donner la parole à des exclus de la société et de la solidarité manifestée par des associations catholiques à leur égard, preuve de son engagement dans la société. En effet, selon lui, l'Église et l'État, bien qu'ils soient différenciés par "deux ordres institutionnels différents ", sont légitimes, autant l'un que l'autre, à regarder dans la même direction et se soucier de l'intérêt public. "C'est assez amusant de voir comment Jupiter (surnom donné à l'actuel chef de l'Etat, ndlr) s'estime peut-être au-dessus de Dieu en distribuant les bons ou les mauvais points!"

Cette déclaration a suscité une vague de réactions indignées au sein de la classe politique française.

Revenant sur les déclarations d'Emmanuel Macron sur les racines chrétiennes de la France, Nadine Morano l'a enjoint à les "inscrire dans la constitution".

A l'heure où, selon un récent sondage Elabe, la cote de confiance du chef de l'Etat recule, l'exercice lui permettrait ainsi de "sortir de son image de 'président des riches', jeune, glamour et parisien", note le politologue Philippe Moreau-Chevrolet. Ce fut le début d'une période mystique qui a duré plusieurs années.

Le chef de l'Etat a-t-il enfreint la laïcité?

Mais il a en cela irrité la gauche, qui lui reproche d'ébranler la laïcité de la République. Or, les aumôniers sont des ministres du culte.

Loi du 9 décembre 1905, art.1: La République assure la liberté de conscience. En République laïque aucune foi ne saurait s'imposer à la loi. Macron a créé une ambiguïté"Il y a de l'ambiguïté dans ce terme de 'lien'. C'est irresponsable", a tweeté Jean-Luc Mélenchon".

Dans ce sens, Manuel Valls a aussi réagi en disant que " la laïcité c'est la France, et elle n'a qu'un seul fondement: la loi de 1905, celle de la séparation des Eglises et de l'Etat. Nous n'attendions pas une telle " bravade " de la part d'un Président officiellement garant de la séparation entre les Églises et l'État.

"Avec sa déclaration répétée sur les +lignes rouges+, Emmanuel Macron a choisi de se lier les mains. Je ne suis ni l'inventeur ni le promoteur d'une religion d'Etat substituant à la transcendance divine un credo républicain".

Macron a-t-il des arrières-pensées politiciennes?

"Macron en plein délire métaphysique". D'autres, notamment à droite et au FN, parlent de récupération politique à un an des échéances européennes de 2019. Voilà ce qu'un président de la République devrait défendre.

Le président pourrait faire exactement le contraire de ce que demandent les ONG catholiques. Car s'il a dit "entendre les recommandations" des acteurs de l'Eglise, il a surtout évoqué la nécessité de confronter le "réel" aux "principes, parfois nos idéaux".