Jeudi, 16 Août, 2018

Macron a-t-il raison de s'associer à Donald Trump — Syrie

Frappes en Syrie: c'est une action Macron a-t-il raison de s'associer à Donald Trump — Syrie
Manon Joubert | 15 Avril, 2018, 00:40

Le Parlement s'était cependant opposé en 2013 à une action militaire contre le régime de Bachar al-Assad. Il a au passage remercié ses alliés, la France et le Royaume-Uni "pour leur sagesse et la puissance de leur excellente armée" avant de conclure par deux mots lourd de sens: "Mission accomplie!".

A Damas, les frappes ont galvanisé les partisans du régime.

Le Maroc prend nettement ses distances vis-à-vis des frappes contre la Syrie: "Le timing choisi pour cette escalade, à la veille d'échéances arabes importantes, et l'absence de consultations appropriées habituelles, risquent de susciter interrogations, incompréhensions et indignation au niveau des opinions publiques", estime le ministère marocain des Affaires étrangères et de la coopération. "C'est l'honneur de la France d'être à la hauteur du rôle singulier et historique qui est le sien et d'avoir pris l'initiative, au côté des démocraties américaine et britannique, d'exercer des frappes aériennes ciblées sur l'arsenal chimique syrien", a affirmé sur Twitter Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI. Le secrétaire américain à la défense, James Mattis, a souligné qu'il s'agissait de "frappes ponctuelles ".

Aucune perte américaine n'a été rapportée, selon le Pentagone.

"Le Royaume-Uni devrait jouer un rôle de leader dans la recherche d'un cessez-le-feu dans ce conflit, et non recevoir des instructions de Washington pour mettre les soldats britanniques en danger", a réagi le leader de l'opposition, le travailliste Jeremy Corbyn, après l'annonce des frappes menées par l'aviation britannique contre un complexe militaire près de Homs.

"La défense anti-aérienne syrienne" est entrée en action contre "l'agression américaine, britannique et française", a rapporté la télévision étatique syrienne, alors que des témoins ont rapporté à l'AFP que des colonnes de fumée s'élevaient du nord-est de Damas.

La France a tiré 12 des 100 missiles de croisière à sa disposition pour mener à bien la frappe de la nuit dernière sur des "sites de production d'armes chimiques" syriens, selon l'Elysée et le ministère des armées.

"Nous ne pouvons tolérer la banalisation de l'emploi d'armes chimiques", a déclaré M. Macron.

Donald Trump a mis en garde l'Iran et la Russie, qui ont déployé des milliers d'hommes et du matériel pour aider Bachar al-Assad à reconquérir le pays, contre leurs liens avec la Syrie.

Il a relevé que cette opération est le " résultat direct " de l'incapacité de la Russie à empêcher l'utilisation des armes chimiques par Damas, appelant Moscou à décider si elle voulait poursuivre sur la " voie sinistre du soutien à Assad " ou se joindre aux nations civilisées. Londres affirme que le gouvernement syrien y stockerait des produits de base utilisés dans la fabrication d'armes chimiques.

Il a aussi estimé que le sort des pays de la région était entre les mains de leurs habitants et qu'aucune intervention militaire américaine ne pourrait, à elle seule, apporter une "paix durable".

Le bombardement intervient quelques heures seulement après que le Département d'État a assuré avoir " la preuve " de l'utilisation d'armes chimiques par les forces de Bachar al-Assad.