Jeudi, 18 Octobre, 2018

Loi immigration: un millier de personnes manifestent près de l'Assemblée nationale

Matthieu Orphelin à l'Assemblée nationale en juillet 2017 Matthieu Orphelin à l'Assemblée nationale en juillet 2017. Plus
Manon Joubert | 19 Avril, 2018, 01:44

Porté par le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, le projet de loi est décrié par les associations et divise jusqu'au sein de la majorité. "Durant ces douze premiers mois, le président de la République a commencé à réparer un pays qui s'enfonçait tout doucement dans le déclin". Le projet de loi qui devait arriver à l'Assemblée nationale ce lundi 16 avril déborde à peine de ces deux lignes de force.

Un millier de personnes se sont rassemblées ce dimanche à proximité de l'Assemblée nationale pour dénoncer le projet de loi immigration et asile porté par Gérard Collomb. Cinq personnes ont été interpellées. "Nous sommes face à un phénomène migratoire inédit et qui va durer", et le droit d'asile, auquel il est "attaché ", est "respecté ", a-t-il aussi affirmé. Les points qui fâchent sont nombreux, comme l'allongement de la durée légale de rétention ou la volonté de réduire à 6 mois les délais d'instruction de la demande d'asile: "le projet de loi fragilise la procédure ", estime la Cimade qui dénonce un renforcement des restrictions et des contrôles. Jean-Michel Clément (ex-PS) prévoit toutefois de voter contre un texte à "la logique répressive", Martine Wonner n'excluant pas de faire de même, tandis que Matthieu Orphelin pense s'abstenir, comme Stella Dupont.

"Nous vous montrerons comment à la fois nous limiterons une immigration massive et en même temps au détriment de ce que vous voulez faire, nous garantirons le droit d'asile", "un droit sacré", a répondu de son côté à la droite Gérard Collomb.

Les responsables LREM rejettent tout parallèle avec les frondeurs socialistes du précédent quinquennat, mais ce projet de loi est le premier à faire autant tanguer dans les rangs des "marcheurs".

"J'ai reçu plus de 200 députés de la majorité mais aussi issus de tous les groupes politiques". A l'ouverture des débats, la présidente de la commission des Lois Yaël Braun-Pivet (LREM) a jugé "normal qu'il y ait en chacun d'entre nous des idées qui s'entrechoquent", mais défendu un projet qui "permet de faire face à la crise migratoire sans renier nos idéaux". Finaliste de la présidentielle après une campagne marquée par ce thème de l'immigration, la députée du Pas-de-Calais et présidente du FN Marine Le Pen devrait s'impliquer sur ce texte qui va, selon elle, "accélérer " l'immigration.