Mercredi, 15 Août, 2018

L'affaire Peter Madsen, chronique d'un crime " bestial "

Sud Ouest Meurtre de Kim Wall sur le Nautilus : Prison à vie requise contre Peter Madsen
Manon Joubert | 26 Avril, 2018, 09:55

L'inventeur Peter Madsen, 47 ans, a été condamné ce mercredi à Copenhague à la prison à vie au terme de son procès pour l'assassinat de la journaliste suédoise Kim Wall venue l'interviewer en août 2017 sur son sous-marin.

Après dix jours d'audience, le procès contre le Danois Peter Madsen, meurtrier présumé de la journaliste suédoise Kim Wall, a repris ce lundi 25 avril, raconte le quotidien danois Berlingske, qui suit l'événement en direct du tribunal.

Malgré la bataille d'experts, le manque de preuves matérielles irréfutables et l'état de décomposition avancée du corps de Kim Wall qui n'a pas permis de déterminer les causes de sa mort, la juge professionnelle et les deux jurés siégeant ont suivi le réquisitoire du parquet, estimant que les éléments à charge pesant contre l'accusé suffisaient à établir sa culpabilité. Poursuivi pour meurtre avec préméditation, sévices sexuels aggravés et atteinte à l'intégrité d'un cadavre, Peter Madsen n'a admis que le dernier chef d'accusation.

"Pervers polymorphe" présentant "un risque élevé" de récidive, "Peter Madsen pensait réaliser le crime parfait" en faisant disparaître le corps découpé et lesté de sa victime en baie de Køge, près de Copenhague, a affirmé le procureur Jakob Buch-Jepsen. Celle-ci étant le résultat d'égorgement ou étouffement.

Celui qui s'était présenté à des intimes comme un "psychopathe affectueux " ne replongera sans doute jamais à bord du "Nautilus ", l'un des plus grands sous-marins privés du monde, qu'il avait construit lui-même avec l'aide de vingt-cinq bénévoles. Ils se sont notamment appuyés sur le fait que l'ingénieur avait réuni à bord de son sous-marin des objets inhabituels pour un submersible: une scie à bois, un tournevis de 50 cm, des sangles de valise dont les dessins correspondent aux marques retrouvées sur les bras de la victime. Ils auraient servi à attacher la journaliste pendant son supplice, toujours selon l'accusation. Toutefois, il a ensuite modifié ses déclarations, précisant que la journaliste avait péri des suites d'un accident tragique survenu à bord de son sous-marin: selon sa version initiale, elle a reçu un coup d'écoutille sur la tête. Il affirme qu'il a torturé la trentenaire avant de la tuer pour satisfaire un macabre fantasme sexuel. De multiples blessures ont également été identifiées dans et autour des parties génitales de la jeune femme.

La cour a visionné des vidéos et des films d'animation retrouvés sur le disque dur de l'ordinateur de l'accusé dans lesquels des femmes sont empalées, pendues ou décapitées.

Quant aux sévices sexuels, l'inventeur danois a expliqué avoir voulu transpercer le corps pour éviter la formation de gaz plusieurs heures après la mort, ce qui l'aurait fait remonter à la surface. "Je regarde ces vidéos pour pleurer et éprouver des émotions", s'est défendu Peter Madsen. Sa réponse? "Pure coïncidence".