Jeudi, 21 Juin, 2018

Cuba: Miguel Diaz-Canel, l'homme du système préparé pour succéder aux Castro

CUBA LE CHOIX DU PROCHAIN PRÉSIDENT AVANCÉ D'UN JOUR Une page se tourne à Cuba
Manon Joubert | 19 Avril, 2018, 01:37

Miguel Díaz-Canel Bermúdez a 57 ans, et il a l'air d'avoir sa propre force de caractère, portée par une carrure athlétique impressionnante.

Le vote, à bulletin secret, se fera sur proposition de la commission de candidatures de l'Assemblée, précise-t-on encore. Arrivé au pouvoir par intérim en 2006, puis élu président le 24 février 2008 il se retire après deux mandats, limite qu'il a lui même fixé pour l'exercice de la plus haute fonction de l'Etat cubain.

Né après la révolution, ce civil aux cheveux poivre et sel et au regard perçant aura la lourde tâche de fédérer autour de sa personne, de consolider les acquis de la révolution et de poursuivre la transformation économique esquissée par Raul Castro. Mais depuis l'arrivée à la Maison blanche du républicain Donald Trump, la normalisation a subi un sérieux coup de frein.

Il sait toutefois aussi se montrer inflexible, comme l'a illustré l'année dernière une vidéo fuitée sur internet par la dissidence. "En octobre dernier, pour le cinquantième anniversaire de la mort de Che Guevara, il avait vivement critiqué les diplomates américains prêchant pour " plus de démocratie à Cuba "; et Miguel Díaz-Canel de citer Guevara en illustration: " L'impérialisme ne doit jamais être cru, même pas un petit peu. À ce poste, il devra mobiliser la vieille garde des " historiques ", perçus pour la plupart comme rétifs aux réformes les plus ambitieuses.

Depuis qu'il a été désigné numéro deux de l'exécutif en 2013, l'homme qu'on dit abordable, quoique peu souriant et au talent d'orateur relatif, a pris de plus en plus d'espace dans les médias d'Etat et représente fréquemment Raul Castro lors de missions à Cuba et à l'étranger.

M. Diaz Canel pourra aussi compter sur le soutien de son futur numéro deux, Salvador Valdes Mesa.

Raul sera dans ce processus "un stabilisateur, un atténuateur de frictions potentielles entre les figures dirigeantes", poursuit-il. Continuité du système oblige, celui-ci n'a jamais présenté de programme, mais il devra tenir compte des " lignes directrices " votées par le parti unique et le Parlement, qui dessinent les orientations politiques et économiques à suivre d'ici à 2030.

Si les autorités ne l'ont pas formellement confirmé, c'est le premier vice-président et numéro deux du gouvernement, Miguel Diaz-Canel, 57 ans, qui semble avoir été choisi et préparé pour devenir le nouveau visage de Cuba.

De l'avis des observateurs, le futur président sera surtout attendu sur le terrain économique et sur son aptitude à procéder aux réformes nécessaires pour redresser une économie stagnante (hausse du PIB de 1,6% en 2017) et fortement dépendante des importations et de l'aide de son allié vénézuélien aujourd'hui affaibli.