Vendredi, 19 Octobre, 2018

Syrie : le régime a repris 10% de l'enclave rebelle dans la Ghouta

Un char syrien Sputnik. Mikha¨l Alaetdine Moscou met en garde contre toute tentative de faire avorter le règlement en Syrie
Manon Joubert | 05 Mars, 2018, 00:39

Les forces du régime ont ainsi capturé des secteurs dans l'est et le sud-est de l'enclave, jusqu'à prendre le contrôle de "plus de 25%" du fief rebelle, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Le pouvoir syrien ne cache toutefois pas son intention de reconquérir l'ensemble de la Ghouta orientale après avoir dépêché des renforts mi-février autour de l'enclave rebelle, où quelque 400 000 civils sont assiégés depuis 2013.

Après avoir multiplié les victoires face aux rebelles et aux jihadistes, le pouvoir contrôle désormais plus de la moitié du territoire, et reste déterminé à reconquérir l'intégralité du pays.

"Dans l'est de l'enclave, il y a des combats entre les forces régulières et Jaïch al-Islam", un des principaux groupes terroristes de la Ghouta, selon des témoignages.

L'ONG indique également que la rapidité de cette progression est aussi "due au fait que les opérations se déroulent principalement dans des secteurs agricoles", et non en milieu urbain.

" Les terroristes goûteront à la défaite prochainement dans la Ghouta, comme ils l'ont connue à Alep", deuxième ville du pays, a encore asséné samedi le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Ayman Soussane, cité par l'agence officielle Sana.

Il s'agit de la première annonce officielle du régime concernant cette opération terrestre, alors que depuis plusieurs jours les combats au sol se sont clairement intensifiés.

" La superficie de la Ghouta (rebelle) se rétrécit", a assuré samedi soir sur son site internet le quotidien prorégime al-Watan, rapportant la reconquête par le régime de plusieurs localités. Selon un bilan hospitalier, les raids de samedi ont tué 18 civils, dont trois enfants. Le scénario n'est pas sans rappeler ce qui s'est passé en 2016 à Alep, où les rebelles ont dû abandonner leurs quartiers, après un siège asphyxiant et des bombardements dévastateurs du régime et de son allié russe.

Une trêve humanitaire quotidienne de cinq heures observée depuis mardi devait permettre l'entrée d'aides humanitaires et l'évacuation de blessés et de civils, mais elle est restée sans effet jusque-là.

De son côté, le président français Emmanuel Macron a "fortement engagé" son homologue iranien Hassan Rohani "à exercer les pressions nécessaires sur le régime syrien pour mettre un terme aux attaques indiscriminées contre les populations", lors d'un entretien téléphonique.

La Syrie est ravagée depuis 2011 par une guerre de plus en plus complexe qui a tué plus de 340.000 personnes. Ces combattants font partie de forces venues en février épauler les Unités de protection du peuple (YPG), principale milice kurde de Syrie, que la Turquie cherche à chasser de sa frontière par le biais d'une offensive lancée le 20 janvier. Cependant, les YPG sont soutenues par les Etats-Unis et ont été le fer de lance de la lutte contre le groupe djihadiste, Etat islamique (EI).