Lundi, 18 Juin, 2018

Salah Abdeslam sort du silence

Salah Abdeslam a parlé à la justice française Salah Abdeslam sort du silence
Manon Joubert | 10 Mars, 2018, 00:55

Salah Abdeslam était resté mutique jusqu'ici depuis son arrestation en mars 2016 à Molenbeek. Le seul membre encore en vie des commandos djihadistes des attentats du 13 novembre 2015 en France brise ainsi le silence qu'il gardait depuis son transfèrement de Belgique en France en avril 2016.

Lors de cette confrontation, Salah Abdeslam s'est exprimé à plusieurs reprises pour dédouaner Ali Oukaldi, qui était un ami proche de son frère, Brahim.

Abdeslam ajoute qu'Oulkadi n'a jamais mis les pieds dans l'appartement de la rue Bergé, où ont été fabriquées les ceintures explosives et dans lequel une trace ADN d'Oulkadi a été retrouvée. La confrontation a duré un peu plus d'une heure, dans le bureau de Christophe Teissier, l'un des six magistrats en charge du dossier. Lors de ce procès ultra-médiatisé, il avait déclaré: "Je constate que les musulmans sont jugés et traités de la pire des manières, impitoyablement". À cette exception, il a refusé de répondre à la plupart des questions. Salah Abdeslam n'a parlé que pour une chose: "innocenter Ali Oulkadi ", a relevé de son côté l'avocat belge de ce dernier, Didier de Quévy.

Selon les enquêteurs, Ali Oulkadi aurait été contacté par Hamza Attou, lui-même joint, avec Mohammed Amri, par Salah Abdeslam le soir de l'attentat, afin qu'ils viennent le chercher à Paris. Mais pour Samia Maktouf, conseil de parties civiles, on ne peut pas dire que le suspect "coopère avec la justice, ses interventions étant toujours orientées pour cacher la vérité".

Salah Abdeslam a alors accepté de détailler le rôle d'Ali Oulkadi, son chauffeur après les attentats de Paris.

Des zones d'ombres entourent encore son rôle précis au sein de la cellule.