Mercredi, 15 Août, 2018

Quels changements pour les entreprises et les salariés — Formation professionnelle

Formation professionnelle: les grandes lignes de la réforme La réforme de la formation professionnelle est censée rendre le système plus juste
Manon Joubert | 06 Mars, 2018, 01:41

La formation professionnelle coûte chaque année environ 25 milliards d'euros.

La formation professionnelle concerne principalement les entreprises et les salariés car il s'agit d'un élément de compétitivité pour les unes, et d'employabilité à long terme pour les autres.

Pour parvenir à ce résultat, la ministre du travail, Muriel Pénicaud, a présenté hier une profonde refonte du compte personnel de formation (CPF), créé par la loi de 2014. "Le système est beaucoup trop compliqué, à nous de le simplifier", avait-elle déclaré, évoquant un "parcours du combattant" pour les salariés. " Il est normal que les grandes entreprises aident les plus petites - qui sont souvent leurs fournisseurs - à monter en compétences", a plaidé hier Muriel Pénicaud. Comme les syndicats, il regrette également que le compte personnel de formation (CPF) soit désormais décompté en euros et non plus en heures. Pour ce faire, Muriel Pénicaud confirme que le gouvernement va s'appuyer sur certains points négociés par les syndicats et le patronat, en y ajoutant une réforme systémique. Les personnes sans qualification auront 800 euros, avec un plafonnement à 8 000 euros, a confirmé le ministère du Travail. "Les entreprises pourront aller au-delà à titre individuel ou par accord collectif", a précisé la ministre. Rebaptisé en "CPF de transition", celui-ci apportera autant de droits pour les formations longues. Ils devront être opérationnels en 2020.

-Les salariés à temps partiel auront les mêmes droits que ceux à temps plein: cette mesure va surtout "bénéficier aux femmes" car "80% des salariés à temps partiel sont des femmes et 30% des femmes sont à temps partiel". "Il faut vivre avec son temps", a commenté Muriel Pénicaud à propos de ce futur outil numérique.

Le gouvernement veut mettre fin aux inégalités entre salariés des TPE-PME et des grandes entreprises.

Lire aussi - Et si on profitait de 2018 pour se former? Il pourra s'inscrire directement aux formations depuis l'application. Augmenter les qualifications des salariés Les sommes épargnées serviront à financer des stages de formation ou à acquérir un diplôme.

L'UNSA souligne le renforcement du Conseil en Evolution Professionnelle (CEP) et du Compte Prévisionnel de Formation (CPF), mais sa monétisation pose question, notamment pour garantir l'équité d'accès à la formation.

En réalité, c'est sur le système en lui-même que le gouvernement dépasse l'accord des partenaires sociaux.

Du côté de la tuyauterie, expliquait la semaine dernière le député, le gouvernement devrait modifier le rôle des Opca, les organismes paritaires aujourd'hui chargés de la collecte et de la gestion des cotisations formation des entreprises.

Jusqu'à présent, les organismes paritaires collecteurs agréés (Opca), donnaient leur feu vert et se chargeaient du règlement. Dans chaque région, un opérateur de conseil en évolution professionnelle sera sélectionné par appel d'offres. Les TPE/PME seront aussi aidées grâce à une "solidarité financière des grandes entreprises".

Les trois instances de gouvernance actuelles - FPSPP, Cnefop, Copanef - disparaissent au profit de l'agence France compétences. De ses moyens et de son organisations dépendra sa capacité à clarifier un secteur de la formation jugé opaque et pléthorique.

Pour ce qui est du calendrier de mise en oeuvre, la ministre du Travail a indiqué que les discussions se poursuivront durant le mois de mars. Le taux de la nouvelle "cotisation formation professionnelle " (CFP) resterait fixé à 1% et celle-ci ne sera plus collectée par les OPCA, mais par l'Urssaf, "car au 21e siècle, la collecte doit être quelque chose de simple ", a insisté la ministre.