Jeudi, 16 Août, 2018

Nouveau procès pour "les chemises arrachées" d'Air France

“Chemise arrachée” : un procès en appel pour douze salariés et ex-salariés d'Air France Nouveau procès pour "les chemises arrachées" d'Air France
Manon Joubert | 13 Mars, 2018, 11:39

Ce jour-là, une manifestation contre un projet de restructuration menaçant plusieurs milliers d'emplois avait dégénéré à l'aéroport de Roissy avec l'envahissement par la foule d'une salle où se tenait un Comité central d'entreprise (CCE). Le DRH d'Air France de l'époque Xavier Broseta avait dû fuir, torse nu, et l'ex-responsable du long-courrier Pierre Plissonnier s'était retrouvé la chemise en lambeaux.

Les images des deux cadres escaladant un grillage pour échapper aux manifestants avaient été abondamment reprises et avaient terni la réputation de la France en matière de dialogue social. Huit autres avaient été condamnés à 500 euros d'amende pour des dégradations.

Réunis derrière des drapeaux rouges de la CGT et de FO flottant au vent, une cinquantaine de personnes se sont rassemblées lundi en face du tribunal en soutien à leurs "camarades".

Lundi, quatre anciens salariés, qui ont depuis été licenciés, comparaîtront pour violences.

La présidente leur a demandé la raison de leur appel.

Deux de ses ex-collègues ont été condamnés à quatre mois avec sursis. Un quatrième avait été relaxé. Pour la plupart membres de la CGT, les prévenus sont jugés pour des faits de violences et de dégradations.

"Quand on se fait licencier, on est en colère, et cette colère, elle est légitime", a-t-il ajouté, en réponse à Air France qui a dénoncé vendredi le recours "intolérable" à la "violence physique" dans cette affaire.

Ce nouveau procès, qui doit se tenir devant la cour d'appel de Paris sur cinq après-midi jusqu'au 20 mars, s'ouvre dans un contexte différent: la compagnie a sensiblement redressé sa situation financière, renouant avec les bénéfices. Ils exigent une revalorisation des grilles salariales de 6% et une large intersyndicale appelle à une grève le 23 mars. Il y a un mois, un précédent mouvement avait conduit à l'annulation d'un quart des vols.

Dur de savoir si, comme le regrette Air France aujourd'hui, ce procès qui se poursuit "impose à toutes les victimes de se replonger dans ces événements, qui ont été choquants pour tous".