Samedi, 20 Octobre, 2018

May précise ce qu'elle attend de la future relation commerciale avec l'UE

La frontière irlandaise enjeu du Brexit La frontière irlandaise enjeu du Brexit
Manon Joubert | 03 Mars, 2018, 05:45

Or, à treize mois du Brexit, prévu le 29 mars 2019, les négociateurs européens ne cachent plus leur frustration face au manque de précision dans les propositions britanniques.

La Grande-Bretagne et l'UE ont la responsabilité de trouver une solution pour éviter qu'une frontière "dure " soit rétablie entre l'Irlande du Nord (province britannique) et la République d'Irlande. Donald Tusk, le président du Conseil européen, s'est dit, jeudi 1er mars, "absolument sûr" que le projet de traité organisant la sortie du Royaume-Uni, présenté la veille par la Commission européenne, serait "accepté" par les 27 Etats membres qui resteront dans l'Union européenne (UE). Ce que, de son côté, le Royaume-Uni n'a pas fait: à chacune de ses prises de parole publiques, Theresa May joue les équilibristes pour satisfaire les demandes des conservateurs pro-brexit sans trop s'éloigner des Européens. Cela signifie que l'Irlande du Nord deviendrait "un espace réglementaire incluant l'Union Européenne et le Royaume-Uni", "sans frontières intérieures", et où la libre circulation des biens serait assurée. "Dans quelques heures, je demanderai à Londres si le gouvernement britannique à une meilleure idée", a-t-il ajouté. L'un reste, l'autre part, mais aucune frontière matérielle n'existe pour les séparer.

L'enjeu pour Londres comme pour Dublin est de préserver l'accord du Vendredi saint, en 1998, qui a mis fin à trois décennies d'affrontements sanglants entre nationalistes et unionistes nord-irlandais en renforçant les liens entre les deux territoires.

Mais la dirigeante conservatrice "reconnaîtra" également "qu'il y a des choses que nous ne pouvons pas avoir alors que nous quittons le marché unique et l'union douanière", a affirmé vendredi matin le ministre des Transports, Chris Grayling, sur la BBC. Une idée que le gouvernement britannique ne veut pas envisager. " Inacceptable ", avait répliqué M May. La première ministre ne peut pas se permettre de perdre le soutien du DUP, car elle est déjà fragilisée au sein même de son parti. La première ministre conservatrice devra s'expliquer sur les questions sensibles qui ralentissent les négociations depuis le référendum et qu'elle n'a jusqu'ici jamais tranchées. Ce lundi, il a tenu un discours qui défendait le maintien du Royaume Uni dans le marché unique, réglant le problème irlandais. "Le pays continuera à se plier à l'autorité de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) pendant une période de transition " limitée " mais ensuite Londres veut un " arbitrage indépendant ", a-t-elle dit, tout en reconnaissant que la justice britannique pourrait continuer à prendre en considération les décisions de la CJUE à l'avenir.

"Michel Barnier, négociateur en chef du Brexit pour l'UE, a rendu publique le 28 février une ébauche de l'" accord de retrait", le texte qui régira les futures relations avec le Royaume-Uni après sa sortie. L'organisation juge cependant que le "brouillard de l'incertitude" doit être levé.