Mercredi, 17 Octobre, 2018

Le pôle psychiatrique du CHU épinglé — Saint-Etienne

Psychiatrie situation France Psychiatrie situation"indigne au CHU de Saint-Etienne alerte Adeline Hazan
Marie-Paule Arceneaux | 04 Mars, 2018, 01:48

Face au rapport qui dénonce une durée d'attente excessive aux urgences, l'équipe du CHU se défend en soulignant que "la durée médiane de séjour aux urgences des patients relevant de psychiatrie est de 6,5 heures".

Le contrôleur général des lieux de privation de liberté a transmis ses recommandations à la ministre de la Santé, Agnès Buzyn qui n'y a toujours pas répondu.

En visitant cet établissement début janvier, les contrôleurs du CGLPL ont notamment constaté "la présence aux urgences générales" de vingt patients relevant de la psychiatrie, en attente de place.

Et l'infirmier de décrire (et de confirmer au passage) les conditions imposées pour remplir ces objectifs: des " capacités d'accueil des urgences dépassées avec installation de patients à même le sol et contentions sur brancards dans les couloirs, patients en isolement ou en restriction de liberté à cause d'une configuration de services ou des effectifs soignants insuffisants ne permettant pas un accès à des espaces communs sécurisés". Deux étaient en soins libres, les autres en soins sans consentement. Ces personnes patientent aux urgences depuis quinze heures mais parfois depuis plusieurs jours sans hygiène, ni intimité. Elle évoque "un dysfonctionnement majeur" qui nécessite de mettre immédiatement un terme "aux pratiques illégales et abusives". Adeline Hazan a déclaré que les patients en psychiatrie sont victimes de "traitements inhumains", et juge alarmantes les conditions de vie de certaines personnes hospitalisées.

De manière plus générale, le contrôleur estime que certaines pratiques d'isolement et de contention, dans l'établissement, s'avèrent "abusives et illégales".

Ces constats ont suscité "un prise en compte forte" de la communauté médicale et soignante et un courrier du directeur de l'hôpital au CGLPL, le 23 janvier, "témoigne d'une réelle volonté de changement", relève le rapport.

Adeline Hazan recommande donc "de faire cesser immédiatement ces atteintes aux droits", notamment au sein de l'accueil aux urgences, d'instaurer une "réflexion institutionnelle" sur les pratiques de contention et d'isolement ou encore de mettre en oeuvre des moyens garantissant des hospitalisations adaptées.

Au Journal Officiel du 1er mars 2018 et en application de la procédure d'urgence, la Contrôleure générale a publié des recommandations relatives au centre hospitalier universitaire de Saint-Etienne. Egalement promis, un "renforcement des formations spécifiques aux bonnes pratiques de contention" et des "audits inopinés".