Dimanche, 22 Juillet, 2018

Fin de la garde à vue de Nicolas Sarkozy — Financement libyen

Abdallah al Senoussi est l'ancien chef des services secrets libyens Abdallah al Senoussi est l'ancien chef des services secrets libyens.- Dario Lopez-Mills AP SIPA
Max Fresnel | 31 Mars, 2018, 05:41

"Quelle est la raison de ce contrôle judiciaire?", s'interroge le conseil sur RTL, qui estime qu'on humilie son client.

Mercredi dans la soirée, après presque deux jours de garde à vue, il a été mis en examen pour "corruption passive", "financement illégal de campagne électorale" et "recel de fonds publics libyens". Nicolas Sarkozy nie les faits reprochés et dénonce une calomnie.

A propos de Brice Hortefeux, que le contrôle judiciaire auquel M. Sarkozy est astreint proscrit toute rencontre entre les deux hommes,"c'est mon ami depuis tant d'années", a rappelé l'ex-président. Concernant les soupçons de financement illégal de sa campagne en 2007, l'ancien chef d'Etat risque 3 ans de prison assorti d'une amende de 45 000 euros.

Devant les juges, il s'est déjà défendu, invoquant l'absence de "preuve matérielle" et affirmant vivre "l'enfer de la calomnie", mais hier soir, Nicolas Sarkozy va prendre la parole devant les Français.

Malgré leur détestation réciproque, Nicolas Sarkozy n'a pas le droit non plus de rencontrer l'un de ses accusateurs les plus tenaces: l'homme d'affaires Ziad Takieddine.

Selon sa déclaration aux magistrats reproduite jeudi sur le site Internet du journal Le Figaro, l'ancien chef d'État a essayé, pendant sa garde à vue, " de montrer que les indices graves et concordants qui sont la condition de la mise en examen [inculpation] n'existaient pas compte tenu de la fragilité du document ayant fait l'objet d'une enquête judiciaire et compte tenu des caractéristiques hautement suspectes et du passé lourdement chargé de M. Takieddine ". "Il en sera de même dans cette affaire", a-t-il martelé.

Ce rebondissement dans la saga judiciaire de Nicolas Sarkozy, encore influent à droite, bien qu'il ait officiellement pris sa retraite politique après sa candidature avortée à la présidentielle de 2017, a mis en émoi son ancien camp. Le sulfureux intermédiaire franco-libanais assure avoir remis entre fin 2006 et début 2007 trois valises contenant 5 millions d'euros en provenance de Libye à Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, et à Claude Guéant. Il a qualifié ce dernier ainsi que son entourage de "mafieux, d'assassins et de délinquants".

Il a fait aussi valoir que les déclarations de Mouammar Kadhafi, "de sa famille et de sa bande" évoquant un financement de sa campagne de 2007 avaient commencé le 11 mars 2011, après qu'il a reçu à l'Elysée les opposants au dirigeant libyen, au renversement duquel il a fortement contribué en prenant la tête d'une coalition internationale contre son régime.

Les investigations ont aussi mis en lumière plusieurs opérations suspectes, notamment un virement de 500.000 euros perçu par M. Guéant en mars 2008.

Cette affaire n'est pas la seule dans laquelle Nicolas Sarkozy est mis en cause.

Il est aussi menacé d'un procès dans l'affaire dite "des écoutes".