Jeudi, 16 Août, 2018

Chacun la sienne: la pilule contraceptive pour homme se précise

La pilule masculine avance et cette nouveauté donne espoir Pilule pour homme: des progrès concluants sur un nouveau produit
Marie-Paule Arceneaux | 24 Mars, 2018, 01:06

"Beaucoup d'hommes disent qu'ils préfèrent une pilule à prendre quotidiennement comme contraceptif réversible, plutôt que des injections à action prolongée ou des gels topiques, qui sont également en développement", ajoute-t-elle. Présentés dimanche 18 mars 2018 à Chicago, lors du 100e congrès annuel d'endocrinologie, leurs travaux démontrent que la recherche sur la pilule pour homme est (enfin!) en bonne voie. Effets secondaires, composition: on vous dit tout.

En effet, depuis plusieurs dizaines d'années des scientifiques du monde entier se questionnent au sujet de la contraception masculine. L'homme produit en effet des millions de spermatozoïdes chaque jour, alors qu'il n'en suffit que d'un seul pour féconder un ovule. Cependant, quelques effets indésirables ont été signalés, à commencer par une altération de la libido ainsi qu'une poussée d'acné, des signes de dépression, une prise de poids ou une diminution du bon cholestérol (HDL).

Jusqu'alors, la contraception orale pour homme souffrait d'un désavantage majeur: elle pouvait provoquer une inflammation du foie et était éliminée par le corps trop rapidement, nécessitant alors deux prises quotidiennes. Dans tous les cas et peu importe la dose, le traitement s'est révélé efficace au-delà de 28 jours de prise.

Chaque groupe de dix hommes était divisé en deux: cinq prenaient la pilule, et cinq prenaient le placebo, comprimé inactif, sans savoir ce qui leur avait été donné. Des analyses de sang ont été effectuées au début et à la fin du test. Ce mélange d'androgènes et de stéroïdes anabolisants diminue la testotérone et les autres hormones impliquées dans la production de sperme.

"Ces résultats prometteurs sont sans précédent dans le développement d'un prototype de pilule masculine ", s'est enthousiasmé Stephanie Page, professeure de médecine à l'Université de Washington à Seattle, et co-auteure de cet essai clinique.

Des études complémentaires seront encore nécessaires pour s'assurer que le produit, pris dans la durée, bloque toujours aussi efficacement la production de spermatozoïdes.