Mercredi, 19 Septembre, 2018

Ce qu'il faut retenir du discours d'Emmanuel Macron — Plan prison

Vidéos. Lot-et Garonne: les avocats bloqueront la cour d’assises mardi Ils regrettent de ne pas être reçus par le chef de l'Etat et ses représentants
Manon Joubert | 07 Mars, 2018, 09:22

"On est condamné à la prison parce qu'on a commis quelque chose de grave, mais on n'est pas condamné à perdre tous ses droits, sa dignité ou à vivre à trois dans 9m2", a rappelé M. Macron, tout en précisant qu'il faut faire de la prison un temps utile et un lieu de dignité. Avec un taux d'occupation moyen de 141 % au niveau national, la France figure parmi les pires élèves d'Europe. Au 1er janvier 2018, 68.974 détenus s'entassaient dans 59.765 places.

"La différence entre les peines prononcées et les peines réelles est devenue incompréhensible pour nos concitoyens et au premier chef pour les victimes".

Est évoquée aussi la possibilité de créer un mandat de dépôt différé qui donnera une date d'incarcération à une personne condamnée qui ressortirait libre de l'audience. Les peines de un à six mois pourront s'exécuter hors de prison, et les peines de moins d'un mois seront proscrites pour lutter contre la surpopulation carcérale. Les peines seront alors remplacées par des amendes ou d'autres mesures pénales.

Il souhaite que le juge favorise des peines alternatives plus variées et s'assure de leur exécution immédiate, plutôt que de laisser ce rôle au juge d'application des peines. En revanche, le Président veut qu'une peine de prison de plus de un an soit effectivement et aussitôt exécutée.

"Une Nation est jugée à travers ses prisons". En visite ce mardi à l'Ecole nationale d'administration pénitentiaire (ENAP), à Agen (Lot-et-Garonne), aux côtés de la Garde des Sceaux Nicole Belloubet, Emmanuel Macron a confirmé sa volonté d'écarter à l'avenir l'option de la prison pour les peines les plus courtes, notamment par le recours à des solutions alternatives (bracelet électronique, travaux d'intérêt général, etc.). Emmanuel Macron compte aussi développer à grande échelle les travaux d'intérêt général, pour lesquels il veut mobiliser les entreprises, les collectivités et l'État.

Un rapport, piloté par Didier Paris, député, vice-président de la commission des lois, et David Layani, président exécutif de la société "Onepoint", a été remis lundi dernier à la Chancellerie. Or, c'est exactement le contraire qu'a déclaré Emmanuel Macron dans son discours délivré à Agen...

Il a confirmé sa promesse d'accroître de 15 000 les places de prisons, "dont 7 000 à l'issue du quinquennat ". Il propose également de rénover davantage les établissements et de "redéployer les dotations budgétaires dans la formation et des embauches additionnelles". "La ministre de la justice tente le coup de force en nous proposant de nous entendre alors que tout sera déjà joué ".

Ces chantiers déboucheront sur une loi de programmation de la justice début avril. Une présentation devant le Conseil d'État est fixée au 15 mars prochain.