Vendredi, 19 Octobre, 2018

Plus de 220 civils tués dans des bombardements intensifs — Syrie

Syrie Plus de 220 civils tués dans des bombardements intensifs Syrie: Plus de 220 civils tués dans des bombardements intensifs
Manon Joubert | 10 Février, 2018, 04:17

Signe de la persistance des divisions internationales qui empêchent toute solution au conflit, le Conseil de sécurité de l'ONU n'est pas parvenu à un résultat concret sur la question d'une trêve humanitaire d'un mois réclamée d'urgence par les représentants d'agences de l'ONU pour venir en aide à des millions de personnes.

Pour le troisième jour consécutif, le ciel a grondé au-dessus de plusieurs localités de la Ghouta, et 34 civils, dont 12 enfants, ont été tués, selon une ONG, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Ils se sont par ailleurs affrontés sur un autre front, après que la coalition internationale menée par les Etats-Unis a affirmé avoir tué jeudi au moins 100 combattants prorégime dans l'est de la Syrie en riposte à une attaque contre ses alliés dans le combat antijihadistes.

Soutenu militairement par la Russie depuis 2015, le régime syrien a réussi à vaincre rebelles et djihadistes sur plusieurs fronts et à reprendre de vastes régions, contrôlant désormais plus de la moitié du territoire.

Jeudi, 73 civils ont péri sous les bombes de l'armée de l'air qui ont provoqué d'énormes destructions dans la Ghouta, où sont assiégés quelque 400 000 habitants, a précisé l'OSDH.

Les raids aériens du régime de Bachar al-Assad se sont poursuivis mardi contre la Ghouta orientale, à proximité de Damas.

"Il s'agit des quatre pires journées qu'ait connues la Ghouta orientale" depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, a déclaré un médecin qui traite des blessés dans une clinique d'Arbine.

Pour Nick Heras, un analyste au centre de réflexion Center for New American Security, comme la Ghouta orientale est la dernière zone contrôlée par les rebelles près de Damas, le pouvoir est plus déterminé que jamais à en chasser les insurgés.

Il a décrit des enfants en état de choc transportés à la clinique et qui, malgré leurs blessures, ne pleuraient même pas. "Comme médecin, la chose la plus difficile est de devoir secourir vos proches, vos collègues et vos voisins", a-t-il lâché.

Ces frappes portent ainsi à 171 le nombre total de civils tués dans cette offensive d'une intensité inédite. Les dépouilles de deux petites filles jonchaient le sol.

À Jisrine, des bombes sont tombées près d'une école, sur un marché et près d'une mosquée, selon un correspondant de l'AFP sur place.

Les violences on également fait rage dans l'est de la Syrie, où la coalition internationale a mené dans la province de Deir Ezzor des frappes contre des combattants alliés au régime pour repousser une attaque contre le quartier général des Forces démocratiques syriennes (FDS), ses alliés, selon un responsable du commandement militaire américain pour le Moyen-Orient.

Selon l'agence officielle Sana, deux civils ont péri à Damas dans des tirs d'obus, dans une apparente riposte des rebelles.

"Mais ce qui nous inquiète le plus, c'est la possibilité que du gaz sarin ait été utilisé" récemment, avait-t-il ajouté, précisant que les Etats-Unis n'avaient pour le moment pas de preuves pour étayer cette hypothèse. "Plus de 100 membres des prorégime ont été tués" dans les frappes et les combats.

Cet appel intervient sur fond de tensions croissantes entre Damas et Washington.

Les Etats-Unis ont demandé à ce que les attaques aériennes et chimiques contre les civils en Syrie "cessent immédiatement", alors que des responsables de l'ONU ont accusé le gouvernement syrien d'avoir bloqué tous les convois d'aides humanitaires qui tentaient de parvenir aux zones assiégées en janvier.