Lundi, 28 Mai, 2018

" Orgies " sexuelles à Haiti : l'ONG Oxfam dans la tourmente

Mark Goldring directeur général d'Oxfam s'est excusé pour n'avoir pas agi assez rapidement Mark Goldring directeur général d'Oxfam s'est excusé pour n'avoir pas agi assez rapidement
Manon Joubert | 12 Février, 2018, 00:50

Des membres d'une mission partis en Haïti après le séisme meurtrier du 12 janvier 2010 auraient eu recours à de jeunes prostituées.

Pourtant, dans un rapport " confidentiel ", Roland van Hauwermeiren, le directeur régional de l'organisation à Haïti, admet avoir engagé des prostituées dans la villa louée par Oxfam " avec des fonds caritatifs ", souligne The Times.

Selon le Times qui révèle l'affaire, les jeunes femmes auraient participé à des orgies dans des logements et des hôtels payés par Oxfam.

"Que ça ce soit passé il y a 7 ans et que ça ne concerne qu'un petit groupe de personnes ne diminue rien, écrit l'ONG, ce n'est pas la première conduite sexuelle inappropriée qu'Oxfam rencontre ces derniers mois". "Oxfam prend toute accusation de comportement déplacé très au sérieux", a déclaré sa porte-parole à l'AFP. Une source citée par le quotidien dit avoir vu une vidéo d'une orgie avec des prostituées portant des T-shirts d'Oxfam.

L'organisation s'est défendue d'avoir voulu dissimuler les faits afin de protéger sa réputation. Oxfam a déclaré qu'il avait lancé immédiatement en 2011 une enquête interne qui avait établi l'existence d'une "culture de l'impunité" dans une partie du personnel. Le recours à des prostituées mineures n'avaient d'ailleurs pas été écarté.

À la suite de l'enquête, le responsable de la mission Roland van Hauwermeiron, a démissionné sans subir de sanctions disciplinaires, bien qu'il ait reconnu avoir engagé des prostituées. En outre, le Times affirme qu'Oxfam n'a pas averti d'autres organisations humanitaires du comportement de ses employés impliqués dans ces activités, ce qui a permis à ces employés d'obtenir par la suite des missions auprès de personnes vulnérables dans d'autres zones de catastrophes naturelles.

Le gouvernement britannique a réagi à l'annonce de ces faits en menaçant de supprimer les financements des organisations humanitaires si elles n'œuvraient pas à éliminer les cas d'abus sexuels parmi leurs personnels. Le gouvernement britannique a ordonné vendredi à Oxfam de remettre à la Charity Commission, l'organisme britannique de contrôle des associations humanitaires, ses documents sur les employés impliqués dans l'affaire de Haïti.

Pour l'instant aucune plainte n'ayant été déposée, la justice n'a engagé aucune action.