Mardi, 14 Août, 2018

Maldives: le président Yameen dénonce une "conspiration" des juges

Les Maldives s'enfoncent dans le chaos politique Les Maldives s'enfoncent dans le chaos politique
Manon Joubert | 07 Février, 2018, 00:57

Selon le Maldives Times, Abdulla Yameen redoute en effet qu'une procédure de destitution soit ensuite ouverte contre lui, le retour en grâce de ses opposants "lui retirant de facto la majorité au Parlement".

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, "appelle le gouvernement des Maldives à respecter la décision importante de la Cour suprême" ordonnant la remise en liberté d'opposants emprisonnés, et demande "la retenue" à toutes les parties, dans un communiqué.

L'ex-président âgé de 80 ans, qui a dirigé le pays pendant 30 ans jusqu'aux premières élections démocratiques tenues en 2008, et qui s'est rangé aux côtés de l'actuelle opposition, a été arrêté à son domicile de la capitale, Male, a écrit Yumna Maumoon sur Twitter. "Car nous devions découvrir jusqu'où va la conspiration ou le coup" d'Etat, s'est justifié le président Abdulla Yameen, dans une allocution télévisée. Le régime a décrété lundi l'état d'urgence pour les quinze prochains jours et multiplie les arrestations pour museler l'opposition. Nous devons l'évincer du pouvoir. L'opposition disparate est rassemblée derrière un autre ex-président en exil, Mohamed Nasheed, basé à Londres.

"Nous voudrions que le gouvernement indien envoie un représentant, appuyé par son armée, pour libérer les juges et les détenus politiques, dont l'ancien président Maumoon Abdul Gayoom, de leur détention et les ramener chez eux. Nous demandons une présence physique", a-t-il indiqué. Antonio Guterres "est gravement préoccupé par la situation qui prévaut aux Maldives, en particulier par la proclamation de l'état d'urgence et l'entrée des forces de sécurité dans les locaux de la Cour suprême", a précisé le porte-parole. Il a d'ores et déjà déclaré son intention de se présenter face au président Yameen, qui l'avait défait en 2013 dans des circonstances controversées.

À l'origine de cette crise: une décision choc de la Cour suprême.

La Cour avait également ordonné la réintégration de douze députés démis de leurs mandats pour avoir fait défection du parti de M. Yameen.

Les États-Unis se sont dits lundi "troublés et déçus" par la déclaration de l'état d'urgence et ont appelé le régime au respect de la la loi.