Samedi, 20 Octobre, 2018

Le centenaire de Mandela, terni par la crise politique — Afrique du Sud

Crise politique en Afrique du Sud : Réunion spéciale de l'Anc L'ANC va discuter ce lundi du futur de Jacob Zuma
Manon Joubert | 14 Février, 2018, 16:00

En effet, la réunion du comité exécutif de l'ANC, premier parti sud-africain, s'est achevée hier à 3 heures du matin sans aucune communication officielle.

Selon le groupe audiovisuel public SABC, le conseil exécutif du parti s'est accordé pour "rappeler" le chef de l'Etat, qui, comme tout membre du parti, est "déployé" dans une fonction. En 2008, elle l'avait fait pour le président Thabo Mbeki, qui avait obtempéré et accepté de démissionner.

Jacob Zuma, 75 ans, est affaibli par une série d'affaires de corruption. Les choses se sont accélérées avec l'annulation du traditionnel discours sur l'état de la Nation, que Jacob Zuma devait prononcer devant le Parlement le 7 février.

Si Jacob Zuma résiste, les parlementaires de la majorité présidentielle peuvent choisir de lancer leur propre recours ou bien se rallier à l'opposition qui porte déjà une motion de défiance contre Jacob Zuma. Histoire de l'empêcher de mener l'ANC à la déroute lors des élections générales d'avril 2019. L'ANC est "décidé à mettre un point final à la crise avant la présentation du budget" le 21 février, a résumé à l'AFP l'analyste politique Dirk Kotze. Il semble que M. Zuma donne du fil à retordre aux partisans de l'ANC qui veulent le voir tomber. Mais sa longue carrière dans le privé l'a tenu éloigné de la politique et de ses rouages, contrairement au président Zuma, fin tacticien réputé insubmersible.

Déçu, il avait fait mine de renoncer à toute prétention présidentielle pour se consacrer aux affaires. Le président voudrait notamment participer au prochain sommet des Brics (Brésil/ Russie/Inde/Chine et Afrique du Sud) qui doit avoir lieu à Johannesburg dans les mois à venir.

Son accession à la tête du pays sonne comme une consécration pour cet enfant de Soweto, militant de la première heure de la lutte contre l'apartheid.

Mais dimanche, Cyril Ramaphosa a exclu de protéger le président.

Au moment où le président français Emmanuel Macron et son homologue américain Donald Trump ne cessent de rappeler les Africains à leur responsabilité, l'Afrique du Sud n'a que faire d'un président corrompu comme Zuma, qui on peut le dire, a réussi le triste exploit de ruiner l'héritage de Nelson Mandela, donc de le tuer une deuxième fois. Cette décision du parti vient après des négociations marathoniennes au sein de l'exécutif national du Congrès national africain (ANC) pour statuer sur le sort du président. "Seules les masses doivent décider". Surtout que dans ce cas, il y a un nouveau président de l'ANC depuis décembre dernier Cyril Ramaphosa, qu'il y a des élections dans un an et qu'une partie des cadres du mouvement estiment qu'avec Jacob Zuma, l'ANC pourrait perdre ces élections. Le convoi de véhicules officiels transportant Cyril Ramaphosa est revenu une heure plus tard. Pour le succéder, l'actuel numéro 1 de l'ANC fait office de favori.