Lundi, 28 Mai, 2018

Intermarché. Fin des promotions à -70% après les incidents

Bousculades pour du Nutella et des couches bradés: le patron d’Intermarché s’exprime Bousculades pour du Nutella et des couches bradés : le patron d'Intermarché s'exprime
Napoleon Lievremont | 05 Février, 2018, 03:09

Un projet de loi limitant de telles opérations a été présenté, mercredi, en Conseil des ministres après les états généraux de l'alimentation.

"Nous ne serions être tenus pour responsables". Le président d'Intermarché, qui s'est fait taper sur les doigts par le ministre de l'Économie Bruno Le Maire après les bousculades dans ses magasins pour des pots de Nutella et des couches Pampers à -70%, annonce la fin de ces prix cassés. "Mais ces excès, et l'image qu'ils nous renvoient de notre société doivent être lus comme révélateurs d'une vraie attente des consommateurs en termes de pouvoir d'achat", a précisé le patron de l'enseigne. "Il y a eu de réels débordements physiques dans une dizaine de magasins, et beaucoup d'incivilités ailleurs".

La direction d'Intermarché n'avait pas "imaginé" de telles scènes de bousculades, une "telle effervescence". A l'opposé, le fabricant de Nutella s'était désolidarisé de cette opération, et avait souligné que "cette promotion a été décidée de manière unilatérale" par Intermarché.

Thierry Cotillard a assuré que l'opération de promotion sur le Nutella n'avait "pas été réalisée sans partenariat avec le groupe Ferrero", tout en reconnaissant que c'est Intermarché qui avait fixé le prix de vente.

En revanche, Intermarché va poursuivre de grosses opérations commerciales sur le non-alimentaire, indique son patron.

"Notre priorité est de répondre à une double attente, celle du consommateur comme celle des agriculteurs", expliqué Thierry Cotillard dont l'enseigne a suscité la polémique dans les derniers jours avec des rabais à moins 70%. "La compétitivité prix reste un impératif".

"Durant les prochains mois, jusqu'à ce que la loi soit votée, il va donc certainement y avoir encore des promotions fortes sur des produits transformés par les grandes multinationales agroalimentaires", a-t-il ajouté. Cette mesure a été annoncée mercredi dans le cadre du projet de loi destiné entre autres à garantir un meilleur prix aux producteurs. Il prévoit un "encadrement" des promotions et de relever le seuil de revente à perte (SRP) de 10%, c'est-à-dire que les produits devront être vendus au moins 10% au-dessus de leur prix d'achat.

"Concernant les produits non agricoles ou fortement transformés par les multinationales agroalimentaires, nous continuons à recevoir de leur part des propositions de campagnes de réduction de prix entre 30 et 50 %".