Lundi, 28 Mai, 2018

Ce qui va changer — Réforme de l'apprentissage

AFP  Archives- Mychele Daniau AFP Archives- Mychele Daniau
Manon Joubert | 10 Février, 2018, 04:17

Aujourd'hui, le Premier ministre Edouard Philippe a présenté le projet de réforme de l'apprentissage du gouvernement. Reste maintenant, en liaison avec les Régions et l'Education Nationale, et au-delà des efforts d'information des jeunes sur les filières existantes, à faire évoluer en profondeur l'orientation en favorisant notamment les passerelles entre les filières professionnelles et générales.

La formation professionnelle initiale, et notamment l'apprentissage, sont insuffisamment développés dans notre pays, alors qu'ils constituent une des clés de succès dans le combat contre le fléau qu'est le chômage. Et elles co-écriront avec l'Etat à la fois le contenu des formations et celui des examens.

"Cela pose un problème majeur de convoquer tout le monde un jour de négociation interpro pour donner les orientations gouvernementales sur une partie de la négociation qui n'est pas encore négociée", explique la négociatrice CGT Catherine Perret.

"Une lourde responsabilité pour les partenaires sociaux, commente-t-on au ministère du Travail". Elles vont aussi recevoir 180 millions d'euros pour la création de nouveaux CFA, mais ce financement sera dépendant du nombre de contrats signés, et ce sont les branches, donc les entreprises, qui détermineront les coûts de chaque diplôme, "en fonction des priorités de recrutement".

L'arsenal d'aides (trois aides et un crédit d'impôt) sera unifié en une seule aide ciblée sur les niveaux bac et pré-bac et sur les TPE-PME. La rémunération des apprentis étant conditionnée par l'âge, le gouvernement ne pouvait pas augmenter sensiblement la rémunération des apprentis sans prendre le risque que les petites entreprises ne suivent pas. Disparaissent donc les aides pour les BTS... "L'âge limite pour s'inscrire en apprentissage est lui repoussé de 26 à 30 ans".

Les apprentis dont le contrat de travail est interrompu en cours d'année pourront prolonger de six mois leur formation en CFA et ne perdront plus leur année. Le gouvernement veut réformer le dispositif de l'apprentissage en France, pour le rendre plus souple pour les entreprises, et plus attractif pour les jeunes et les familles. En 1268, Le Livre des métiers du prévôt de Paris précisait que le jeune devait avoir entre 10 et 12 ans et resterait cinq ans, avant son fameux tour de France et la réalisation de son chef-d'œuvre, clé de son intégration dans la confrérie. Il s'agit d'une aide d'une valeur de 500€ pour passer le permis de conduire. Et rien n'est prévu sur le logement, un des freins importants à 'apprentissage. De plus, les conditions de rupture des contrats d'apprentissage seront revues pour permettre les ruptures soit d'un commun accord, soit pour faute grave, soit en cas de force majeure ou d'exclusion d'un CFA. L'accessibilité du parcours se fera tout au long de l'année, contre seulement les quatre derniers mois de l'année avant la réforme.

Les régions protestent violemment contre la perte de leur pouvoir sur les ouvertures et fermetures de CFA ou formations en CFA. Objectif: que les diplômes, eux aussi, correspondent aux besoins des entreprises.

Plus d'informations sur les formations en apprentissage... Ce ne sera plus obligatoire désormais. Celle-ci sera remplacée par une " contribution alternance " équivalente à 0,85 % de la masse salariale des entreprises.

La ministre du travail, Muriel Pénicaud dévoile ce vendredi 9 février sa " révolution copernicienne " de l'apprentissage.