Lundi, 19 Février, 2018

6 000 postes et 300 milliards d'ici 2025 — Défense

Emmanuel Macron et Florence Parly sur la base aérienne de Salon le 20 juillet 2017 Emmanuel Macron et Florence Parly sur la base aérienne de Salon le 20 juillet
Manon Joubert | 09 Février, 2018, 02:51

La France prévoit ainsi de consacrer 295 milliards d'euros à sa défense entre 2019 et 2025, dans l'objectif de porter ses dépenses de défense à 2% du PIB en 2025. Budget estimé: 37 milliards d'euros entre 2019 et 2025.

" Il y a une hausse réelle du budget de défense, mais elle est survendue".

Le texte de loi prévoit une actualisation en 2021 pour ajuster le budget des deux dernières années. L'affirmation prudente d'une "ambition 2030" ménage l'hypothèse d'un report des engagements. Cet effort budgétaire va également être investi dans la modernisation du matériel. "Tout ce qui viendra au-dessus sera financé par de l'interministériel", précise-t-on au ministère. Cet argent ne sera pas de trop: la France est en effet engagée sur plusieurs théâtres d'opérations extérieures et l'équipement est vieillissant. Une restriction théorique qui n'exclut pas la prise en compte à l'avenir d'une "part d'exceptionnel" sur une scène internationale lourde de menaces, dit-on de source militaire. "Cette fois, on demande un effort à la nation pour les armées", a fait savoir l'entourage de la ministre des Armées Florence Parly.

Au total, 112,5 milliards d'euros seront déboursés entre 2019 et 2023 pour les équipements, dont 25 milliards d'euros pour la dissuasion nucléaire (avec une programmation cumulée des besoins de 172,8 milliards sur 2019-2025). L'armée de l'Air se voit allouer 8 avions légers de surveillance, et le renouvellement accéléré de sa flotte quinquagénaire d'avions ravitailleurs Boeing KC-135 par 15 A330 MRTT, dont 12 auront été livrés en 2023.

La Marine obtient quatre pétroliers ravitailleurs nouvelle génération, dont deux d'ici à 2025, un bâtiment spécialisé dans le recueil de renseignement, et 19 patrouilleurs au lieu des 17 prévus pour surveiller les zones économiques exclusives françaises outre-mer. Sur la période 2019-2023, le montant du budget du ministère s'élèvera en moyenne à 39,6 milliards d'euros par an (hors pensions).

La France va lancer des études sur le remplacement de l'unique porte-avions français, le Charles de Gaulle, qui sera retiré du service à l'horizon 2040. Pour améliorer la condition des quelque 200.000 militaires français et les fidéliser, la LPM augmente nettement les crédits consacrés aux petits équipements (+34% sur 2019-23) - gilets pare-balles, treillis. Cette ressource supplémentaire permettra notamment la création de 3.000 postes civils et militaires (+ 3.000 postes créés en 2024 et 2025). Le nombre de combattants "cyber" sera porté notamment à 4.000 contre 3.000 aujourd'hui.