Mardi, 17 Juillet, 2018

L'UE réagit à l'avis de Wathelet: le Maroc est un "partenaire clé"

Bruxelles demande aux 28 de négocier le renouvellement de l'accord de pêche avec le Maroc L'accord de pêche UE-Maroc invalidé du fait qu'il s'applique au Sahara occidental [Document]
Manon Joubert | 13 Janvier, 2018, 01:39

La décision de l'avocat général de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE), Melchior Wathelet, de juger "invalide" l'accord de pêche Maroc-UE inquiète les pêcheurs andalous.

La Commission européenne a réaffirmé que le "Maroc est un partenaire clé dans le cadre de la politique de voisinage " et fait part de la volonté des 28 de "de non seulement préserver une relation privilégiée mais de la renforcer ", souligne la Commission européenne en réaction à l'avis négatif émis le 10 janvier par l'avocat général de la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) sur l'accord de pêche Maroc-Union européenne (UE). S'il est évident que ce rebondissement ne saurait être imputable qu'à l'activisme dont fait preuve le lobby pro-séparatiste au niveau des diverses instances européennes, il n'en reste pas moins que la diplomatie marocaine laisse à désirer en terme de proactivité.

"En concluant cet accord, l'Union a violé son obligation de respecter le droit du peuple du Sahara occidental à l'autodétermination ainsi que de ne pas reconnaître une situation illicite découlant de sa violation".

C'est aussi le cas pour la flotte de pêche de nombreux pays membres de l'Union Européenne qui son demandeurs pour le renouvellement de l'Accord de pêche avec le Maroc. "L'accord de pêche ayant été conclu par le Maroc sur la base de l'intégration unilatérale du Sahara occidental à son territoire et de l'affirmation de sa souveraineté sur ce territoire, le peuple sahraoui n'a pas librement disposé de ses ressources naturelles, comme l'impose pourtant le droit à l'autodétermination", ajoute-t-il.

Selon l'agence espagnole Europa Press, le président de la Fédération andalouse des associations de pêche (son sigle espagnol est FAAPE), Pedro Maza, a exprimé sa préoccupation, estimant que " la proposition de l'avocat général est, certes, non-contraignante, mais elle conditionne la décision finale de la Cour ".

Cette plainte portant sur un accord européen, la justice britannique a demandé conseil à la CJUE. "Il est illogique que le lundi la commission européenne adopte la résolution visant à obtenir l'autorisation pour renouveler l'accord de pêche avec le Maroc et la présente au conseil de l'UE et le lendemain, l'avocat général européen signe un avis personnel appelant à l'annulation de l'accord", affirme la source cité par Akhbar Al Yaoum. Il n'a aucun caractère contraignant pour la Cour, même si cette dernière a l'habitude d'en tenir compte. Les décisions ont suscité de vives tensions entre Bruxelles et Rabat, obligés de renégocier l'accord, des négociations qui sont toujours en cours.