Samedi, 26 Mai, 2018

"Liberté d'importuner" : Catherine Deneuve critiquée sur les réseaux sociaux

Cent femmes dont Catherine Deneuve défendent Cent femmes dont Catherine Deneuve défendent"la liberté d’opportuner et dénoncent le"puritanisme"Plus
Max Fresnel | 10 Janvier, 2018, 00:19

D'emblée, la tribune parue mardi dans Le Monde tente néanmoins d'éviter toute ambigüité quant à la démarche des signataires: "Le viol est un crime". "La drague insistante ou maladroite n'est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste" affirment-elles.

Mais pour les signataires de la tribune, si "une légitime prise de conscience des violences sexuelles exercées sur les femmes, notamment dans le cadre professionnel" a eu lieu, "cette libération de la parole se retourne aujourd'hui en son contraire".

Pour les auteures du texte, le mouvement #MeToo a entraîné dans la presse et sur les réseaux sociaux " une campagne de délations et de mises en accusation publiques d'individus qui ont été mis exactement sur le même plan que des agresseurs sexuels", " une fièvre à envoyer les "porcs" à l'abattoir, qui loin d'aider les femmes à s'autonomiser, sert en réalité les intérêts des ennemis de la liberté sexuelle, des extrémistes religieux, des pires réactionnaires ".

"En tant que femmes, nous ne nous reconnaissons pas dans ce féminisme qui, au-delà de la dénonciation des abus de pouvoir, prend le visage d'une haine des hommes et de la sexualité", argumentent-elles encore après avoir pris soin de distinguer drague et agression sexuelle. S'appuyant sur la pensée du philosophe Ruwen Ogien, les signataires prônent une "liberté d'importuner ", pour elles "indispensable à la liberté sexuelle".

Cent femmes, parmi lesquelles Catherine Deneuve, Stéphanie Blake, Brigitte Lahaie ou encore Ingrid Caven (retrouvez la liste ici), ont adhéré à ce long texte, co-écrit par cinq femmes, et intitulé: "Nous défendons une liberté d'importuner, indispensable à la liberté sexuelle".

Une femme "peut veiller à ce que son salaire soit égal à celui d'un homme, mais ne pas se sentir traumatisée à jamais par un frotteur dans le métro, même si cela est considéré comme un délit". Si certains hommes les remercient, tel "Le chat du Rabbin" sur le site du Monde: "Merci Mesdames pour cette belle tribune qui tranche avec la culpabilisation ambiante". Dans un tweet, l'ancienne ministre des Droits des femmes Laurence Rossignol regrette "cette étrange angoisse de ne plus exister sans le regard et le désir des hommes".

Ce texte est "une tribune pour défendre le droit d'agresser sexuellement les femmes (et pour insulter les féministes)", a dénoncé la féministe Caroline De Haas.

Selon le collectif, les mouvements de type #MoiAussi ou #balancetonporc, en France, où des milliers de femmes ont dénoncé des agressions sexuelles présumées, mais également des comportements qu'elles jugent déplacés, ont engendré des dérives inquiétantes.