Jeudi, 26 Avril, 2018

L'Etat va installer des téléphones dans les cellules — Prison

Depuis un an les condamnés pour de longues peines ont une ligne fixe personnelle Depuis un an les condamnés pour de longues peines ont une ligne fixe personnelle
Manon Joubert | 03 Janvier, 2018, 01:26

L'appel d'offres, lancé fin novembre par le ministère de la Justice, se termine le 8 janvier à 17h.

Des téléphones dans toutes les cellules françaises. Au total, ce sont 50 000 cellules de 178 établissements qui devraient être concernés par le projet. Condamnés et prévenus pourraient appeler une liste de numéros préalablement autorisés par l'administration ou un juge. Depuis juillet 2016, une expérimentation est menée au centre de détention de Montmédy (Meuse), et la garde des Sceaux avait évoqué en août dernier la possibilité de l'étendre ailleurs. L'objectif affiché est celui d'" un téléphone par cellule " a confirmé la Chancellerie à l'AFP. Ce dispositif a d'abord une visée sociale, puisqu'il doit " favorise [r] la réinsertion, en maintenant les liens familiaux " poursuit le ministère. Ne nous leurrons pas, les détenus n'utilisent pas leurs portables - introduits par effraction - pour appeler leurs parents ou l'ANPE à 18h le soir: c'est pour conduire les trafics qu'ils ont en dehors de prisons, c'est pour continuer à opprimer les victimes et surtout pour organiser des tentatives d'évasions. Et les téléphones fixes ont permis " d'apaiser les tensions ".

Globalement, au premier semestre 2017, 19.339 téléphones portables et accessoires ont été découverts (sur 70.000 détenus) dans les prisons françaises. Ce qui ne facilite pas la lutte contre le trafic.

La prison de Fleury-Mérogis, le 14 décembre 2017. Par conséquent, ces brouilleurs sont incapable de brouiller les appels passés en 4G via WhatsApp ou Viber.

L'appel stipule qu'il s'agit de "la fourniture, l'installation, la mise en œuvre et l'exploitation et la maintenance d'une infrastructure de téléphone et de vidéoconférence dans les établissements pénitentiaires à destination des personnes détenues et permettant le contrôle par l'administration ".

Son de cloche radicalement différent du côté de Nicolas Dupont-Aignan, qui a estimé dans un communiqué: "Après les événements intolérables survenus à Champigny, la seule réponse du ministre de la Justice est donc d'assurer davantage de confort aux détenus avec une décision d'une stupidité sans doute jamais atteinte". Depuis l'été 2016, les prisonniers bénéficient en effet déjà d'un téléphone fixe personnel installé dans leurs cellules. "On peut s'autoriser des écoutes pour s'assurer que les règles sont respectées".