Mercredi, 14 Novembre, 2018

Les enfants préparaient leur évasion depuis deux ans — "Maison de l'horreur"

"Maison de l'horreur" en Californie : les parents inculpés de torture sur leurs enfants
Manon Joubert | 20 Janvier, 2018, 07:27

Quatre jours après l'arrestation, en Californie, du couple Turpin, accusé d'avoir séquestré leurs enfants pendant plusieurs années, le procureur de Riverside a délivré de plus amples informations sur le quotidien dans la " maison des horreurs ".

Malgré les horreurs commises au sein du domicile familial des Turpin, jeudi, David Turpin, âgé de 57 ans, et Louise Turpin, 49 ans, ont quand même plaidé non coupables des douze chefs d'inculpation leur incombant, telle que la torture, la séquestration, maltraitance, négligence, etc. De ce fait, ils risqueront jusqu'à 94 ans de prison. Ils plaident non-coupables. C'est l'une des filles, âgée de 17 ans, qui a donné l'alerte dimanche dernier après avoir échappé à la surveillance des parents geôliers.

Ces enfants ont connu des sévices corporels, sexuels et psychologiques pendant plus de sept ans. Selon le procureur, la fratrie préparait "depuis plus de deux ans" un plan d'évasion. Le procureur du comté de Riverside, Mike Hestrin, a précisé qu'il s'agissait de la façon dont il avait ligoté l'une de ses filles. L'un des motifs pour qu'un enfant soit enchaîné était notamment qu'il se lave les mains au-dessus du poignet, ce que les parents considéraient comme un gaspillage de l'eau.

Et lorsqu'ils n'étaient pas enchaînés, ils étaient entravés dans différentes chambres et n'étaient pas autorisés à jouer, "bien que de nombreux jouets neufs encore dans leur emballage et jamais ouverts aient été trouvés". Outre les chaînes cadenassées, les punitions comportaient aussi coups et strangulations. Selon les termes du procureur, seul le bébé de deux ans était nourri correctement, les autres souffrent tous de malnutrition, de déficience nerveuse ainsi que de troubles cognitifs.

C'est grâce à la fuite de l'un des enfants et de son appel aux autorités que le cauchemar s'est terminé pour les victimes de David Allen et Louise Anna Turpin.

"À une époque, lorsque la famille habitait encore le Texas, parents et enfants vivaient " séparément " et les parents " déposaient de la nourriture". Ils avaient enregistré leur maison comme établissement scolaire.

Mais les détails scabreux de cette affaire qui a ému tout le pays et au-delà pourraient être un jour rendus publics: les enfants étaient autorisés à tenir un journal et les enquêteurs en ont récupéré "des centaines". Ces écrits " seront des éléments de preuve forts sur ce qu'il s'est passé dans cette maison", a-t-il relevé.