Dimanche, 22 Juillet, 2018

000 accidents du travail "psychiques" par an

L'Assurance maladie au défi de la montée des affections psychiques liées au travail L'Assurance-maladie confirme la hausse des affections psychiques liées au travail
Marie-Paule Arceneaux | 17 Janvier, 2018, 01:54

Selon le bilan annuel de l'Assurance maladie sur ce sujet, le coût des affections psychiques s'est monté à plus d'un cinquième de celui des lombalgies liées au travail (1 milliard d'euros) et à plus d'un quatrième de celui des troubles musculosquelettiques liés au travail (800 millions d'euros). " Ces chiffres ne cessent de progresser, dans un contexte général de baisse des accidents du travail ", a souligné Marine Jeantet.

En cas d'exposition prolongée, les salariés souffrant de troubles psychosociaux liés au travail, comme un burn-out, peuvent les faire reconnaître comme des maladies professionnelles.

La majorité des victimes sont des femmes (60% des souffrants).

"Pour les cas reconnus de maladie professionnelle, l'assurance-maladie souhaiterait développer des politiques d'accompagnement de retour à l'emploi, avec coaching (" accompagnement personnalisé ") et plans de reconversion professionnelle.

Quant aux maladies professionnelles psychiques, elles entraînent un arrêt moyen de 400 jours et une incapacité de plus de 25 %. En cinq ans, les demandes sont passées de 200 à 1.100, et devraient avoisiner les 1.500 pour le bilan de 2017.

En moyenne, un arrêt maladie pour affections psychiques est beaucoup plus long qu'un arrêt maladie "classique": 112 jours contre 65.

Les individus touchés par les affections psychiques liées au travail ont en moyenne 40 ans, et sont pour la plupart des employés, même si proportionnellement les cadres sont plus touchés.

L'enjeu de l'étude est " d'une part de souligner que l'Assurance-maladie reconnaît les affections psychiques comme accident du travail et d'autre part, en période de contrainte budgétaire, d'identifier les secteurs et les salariés les plus touchés pour orienter les mesures préventives", explique MJeantet. Le coût de ces pathologies est estimé à 230 millions d'euros. En termes d'entreprises, trois secteurs d'activité concentrent environ la moitié des cas d'affections psychiques: le médico-social (18 %), le transport (15 %) et le commerce de détail (13 %), qui ont en commun leur lien avec le public. Le premier correspond à un événement violent survenu sur le lieu de travail mais externe à l'entreprise, à l'image d'un braquage, d'une agression ou d'un attentat. Si les conditions de travail sont à l'origine d'un trouble psychique, c'est à l'employeur que revient la responsabilité d'établir la déclaration d'accident de travail. La fréquence des affections psychiques est entre une fois et demie et deux fois supérieure chez les femmes par rapport aux hommes pour la tranche 40-49 ans.