Понедельник, 11 Декабря, 2017

Un terroriste du Bataclan affiché au "Musée des martyrs" à Berlin — Allemagne

L'exposition se tient à la Bethanien Haus sur la Mariannenplatz à Berlin-Kreuzberg L'exposition se tient à la Bethanien Haus sur la Mariannenplatz à Berlin-Kreuzberg. Image Denisa Rucaj, via Wikimedia Commons
Manon Joubert | 05 Декабря, 2017, 05:25

À Berlin, une exposition subventionnée par les impôts et inaugurée mercredi dernier par deux artistes danois met en avant "une série de personnalités de l'histoire du monde mortes pour leurs convictions".

La présence d'Ismaël Omar Mostefaï, l'un des trois auteurs de la tuerie du Bataclan, aux côtés de Martin Luther King ou de Socrate au "Musée des Martyrs" a largement dépassé le cercle restreint de l'art contemporain.

L'Egyptien Mohammed Atta, l'un des responsables des attaques-suicide du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis ainsi qu'une adolescente kamikaze daguestanaise, auteur d'un attentat dans le métro de Moscou en 2010, figurent dans cette exposition.

"Les artistes ont cherché à élargir le concept du martyr ", a répondu Ricarda Ciontos, directeur de l'association Nordwind qui a installé l'expo. Cherchez l'erreur. L'homme, présenté comme un martyr qui "pensait devoir se sacrifier dans la lutte contre la culture occidentale", est en effet l'un des terroristes islamistes, auteurs des attentats du 13 novembre à Paris.

L'ambassade de France en Allemagne a également fait part de sa "consternation ", en déclarant "Un tel parti pris est profondément choquant. Cette idée de labéliser comme martyrs les terroristes du Bataclan est insupportable ". "Tout en rappelant notre attachement à la liberté de la création artistique, nous dénonçons la confusion ainsi faite entre martyre et terrorisme", a dénoncé l'ambassade de France en Allemagne après du Parisien.

L'association Life for Paris, créée pour les victimes des attentats du 13 Novembre, ne cache pas sa colère auprès du Parisien: "On a toujours soutenu la création artistique, comme thérapie notamment". Elle a demandé le retrait de la photo du terroriste. Côté français, cette œuvre a fait réagir, notamment sur Twitter.