Mercredi, 25 Avril, 2018

Polémique : la Présidente du Conseil du Numérique démissionne !

Marie Ekeland présidente démissionnaire du Conseil national du numérique lors d'une conférence à New-York le 24 juin 2015Plus Marie Ekeland présidente démissionnaire du Conseil national du numérique lors d'une conférence à New-York le 24 juin 2015Plus
Charles Cochet | 20 Décembre, 2017, 01:09

Elle démissionne ce mardi, après une passe d'armes musclée autour de la présence de Rokhaya Diallo et du rappeur Axiom dans la liste des membres du Cnnum.

Marie Ekeland était membre du CNNum depuis 2013. Marie Ekeland, la nouvelle présidente, avait reçu une marge de manœuvre importante pour composer son équipe: désireuse d'ouvrir le CNNum à la société civile, elle avait convié la militante féministe et antiraciste Rokhaya Diallo ainsi que le rappeur Axiom à y participer. Marie Ekeland, éphémère présidente du Conseil national du numérique (CNNum), a annoncé sa démission ce mardi 19 décembre, huit jours après avoir été nommée.

"Nous avons souhaité confirmer son indépendance, ses moyens, son mode de fonctionnement et la volonté du gouvernement d'en faire l'objet qui oriente et qui est LA voix sur les transformations numériques", avait expliqué le 11 décembre, lors d'une conférence de presse commune avec Mme Ekeland, le désormais secrétaire d'Etat au Numérique Mounir Mahjoubi.

"Le projet que j'ai porté d'ouverture, d'indépendance de pensée et de diversité, a été mis à l'épreuve dès le démarrage", constate amèrement Marie Ekeland, surprise par les réactions qui ont suivi l'annonce de la nomination de Rokhaya Diallo.

Mounir Mahjoubi s'est justifié mardi dans un entretien accordé au Figaro.

Cofondatrice du fonds de capital risque Daphni, Marie Ekeland avait également expliqué avoir quitté les fonctions qu'elle occupait à l'association France Digitale, qui regroupe entrepreneurs et investisseurs du numérique, ainsi que les conseils d'administration de diverses sociétés dont Parrot (drones) ou Showroomprivé (vente en ligne) afin de dégager du temps pour la présidence du CNNum. L'objectif était de mettre fin aux critiques qui ont régulièrement pollué le CNNum sur l'indépendance de ses avis, en grande partie motivées par le fait qu'il est écrit dans ses statuts que ses membres sont nommés par le Premier ministre. Tout avait pourtant bien commencé: après des mois au ralenti dans la foulée du départ de son ex-président, Mounir Mahjoubi, parti rejoindre la campagne d'Emmanuel Macron, le CNNum devait être relancé sur de nouvelles bases, se voyant confier une mission de conseil auprès du gouvernement "pour les questions relevant de son champ de compétences". Nous n'y sommes pas arrivés.

En totale solidarité, j'ai également présenté ma démission du @CNNum.

"D'une part, il est indispensable que des instances comme le CNNum existent pour protéger des espaces de discussion, d'échanges, longs, complexes et contradictoires, dégagés du jeu médiatique".

Réduit à sa plus simple expression, le CNNum se retrouve donc de nouveau à l'arrêt mais sa nouvelle composition sera annoncée début 2018, a assuré le secrétaire d'Etat. Il devra comporter davantage de membres issus des quartiers populaires et de la ruralité et sera composé uniquement d'experts. Une position délicate, que le gouvernement semble ne pas vouloir toucher. Il est indépendant, mais "il doit être proche du gouvernement", selon les termes de Mounir Mahjoubi.

"Ce n'est pas une force d'opposition, même si conseiller peut signifier dire quand ça ne va pas".