Jeudi, 18 Janvier, 2018

Moscou accuse Washington d'encourager un "nouveau bain de sang" — Ukraine

La tension en Ukraine inquiète Bruxelles et Washington Moscou accuse Washington d'encourager un "nouveau bain de sang" — Ukraine
Manon Joubert | 24 Décembre, 2017, 00:38

Réagissant à la décision des Etats-Unis de vendre des armes létales à l'Ukraine, le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré que cette annonce américaine conduirait à un "nouveau bain de sang".

"Aujourd'hui, les Etats-Unis entraînent (les autorités ukrainiennes) vers un nouveau bain de sang", déclare dans un communiqué le vice-ministre des Affaires étrangères Sergei Ryabkov.

Selon les déclarations de la porte-parole de la diplomatie américaine, Heather Nauert, les États-Unis ont la seule intention officielle de " fournir à l'Ukraine des capacités défensives renforcées", dans le but de lui permettre de " bâtir sa défense sur le long terme, défendre sa souveraineté, son intégrité territoriale et se prémunir de toute agression à venir ".

"Et les États-Unis ont décidé de leur donner des armes pour le faire", a ajouté M. Riabkov.

Selon la chaîne ABC, citant quatre responsables du Département d'État américain, les États-Unis ont notamment prévu de fournir à l'Ukraine des missiles antichars, incluant probablement le système avancé Javelin. "Il n'y a pas d'autre moyen de résoudre le conflit interne ukrainien", a-t-il dit.

L'Ukraine et ses alliés occidentaux accusent le président russe d'avoir disposé des troupes et des armes de l'autre côté de la frontière pour aggraver la guerre civile en Ukraine.

Pour sa part, le président ukrainien, Petro Porochenko, a salué cette décision "longtemps attendue" de Washington.

"Enfin!", a écrit ainsi l'ambassadeur ukrainien aux États-Unis, Valéri Tchalyï, sur sa page sur Facebook.

Elles avaient été décidées à l'été 2014, au plus fort de la crise ukrainienne, quelques mois après l'annexion de la Crimée par la Russie, suivie par l'offensive de rebelles prorusses dans l'est de l'Ukraine.

Les accords de paix signés à Minsk en février 2015 ont conduit à la quasi-fin des combats, mais des vagues de violences meurtrières continuent de se produire le long de la ligne de démarcation en dépit des trêves annoncées régulièrement par les deux parties.

Dans une déclaration commune, la France et l'Allemagne ont renouvelé samedi leur appel à un règlement "exclusivement pacifique" du conflit ukrainien face à "l'accroissement récent et inacceptable" des violations du cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine. Selon un rapport de l'ONU publié cette semaine, 220.000 enfants couraient un risque imminent d'être touchés par des mines et d'autres armes explosives dans l'est de l'Ukraine.