Mardi, 14 Août, 2018

Migrants : l'Europe complice de la torture selon Amnesty

Migrants : l'Europe complice de la torture selon Amnesty Migrants : l'Europe complice de la torture selon Amnesty
Manon Joubert | 15 Décembre, 2017, 01:18

Tripoli, Libye, 13 décembre (Infosplusgabon) - "La détention collective et arbitraire est devenue la règle de base de la gestion de l'immigration en Libye en raison de la criminalisation de l'entrée illégale en Libye", a affirmé Amnesty International (AI) assurant que "cela est accompagné de l'absence de toute législation ou infrastructure de base politique pour protéger les demandeurs d'asile et les victimes".

Le directeur pour l'Europe à Amnesty International accuse: "En apportant un soutien actif aux autorités libyennes pour stopper les traversées et bloquer les migrants en Libye, ils se rendent complices de ces crimes", a déclaré John Dalhuisen.

"En soutenant les autorités libyennes dans leur entreprise de confinement de populations en Libye, des gouvernements européens ont montré où sont leurs véritables priorités, à savoir le bouclage de la route migratoire de Méditerranée centrale, avec un faible intérêt pour les souffrances causées", ajoute Dalhuisen.

Tirant l'attention des responsables européens, l'Amnesty international a rappelé que les gouvernants européens doivent repenser leur coopération avec la Libye, notamment en matière d'immigration et permettre aux personnes de se rendre en Europe par les voies légales ceci, en réinstallant des dizaines de milliers de réfugiés. "Ce système place l'Italie, en particulier, dans une situation où elle rompt ses obligations internationales", et ce notamment en ce qui concerne l'interdiction de la torture, selon John Dalhuisen.

En Italie, "les arrivées de migrants ont baissé de 30% cette année et de 69% sur les cinq derniers mois".

Confrontés aux critiques, Tripoli et Rome ont convenu samedi de faire équipe pour lutter contre les passeurs et les trafiquants.

Déterminés à réduire l'immigration transméditerranéenne, les Etats de l'Union européenne fournissent une aide financière aux autorités libyennes, forment leur garde-côte et ont versé des millions d'euros via les agences humanitaires de l'Onu pour améliorer les conditions de vie dans les camps de détention.

"La détention automatique des migrants doit également cesser, car c'est généralement le pire moment où les abus sont commis", a déclaré M. Dahlhausen. "Jusqu'à présent, 20 000 personnes restent confinées dans ces centres [.] surpeuplés et insalubres", constate encore Amnesty. Des milliers d'autres migrants sont néanmoins détenus dans d'autres centres tenus par des milices, en dehors de tout contrôle. Dans les centres de détention, ajoute l'organisation de défense des droits humains, "les gardiens les torturent pour leur extorquer de l'argent". "Ils appellent la famille en te frappant pour que celle-ci envoie de l'argent", a-t-il expliqué.