Mardi, 17 Juillet, 2018

Manifestations pro-régime pour éteindre la grogne contre la vie chère — Iran

Rassemblement d'Iraniens à la mosquée de l'imam Khomeiny à Téhéran en soutien au gouvernement le 30 décembre 2017 Rassemblement d'Iraniens à la mosquée de l'imam Khomeiny à Téhéran en soutien au gouvernement le 30 décembre 2017
Manon Joubert | 31 Décembre, 2017, 00:24

"Nous demandons à la population de ne pas participer aux rassemblements illégaux".

Les manifestations dans la capitale ont apparemment forcé la télévision d'État à sortir de son mutisme et à reconnaître qu'elle n'avait pas couvert les événements sur l'ordre des responsables de la sécurité. Des bâtiments publics ont été endommagés, a déclaré l'agence Fars.

Ces arrestations ont été condamnées par la Maison-Blanche qui réclame du gouvernement iranien qu'il respecte les droits du peuple, notamment celui de s'exprimer.

Des dizaines de milliers d'Iraniens ont manifesté leur soutien au régime ce samedi dans de nombreuses villes du pays.

"À Ispahan (centre), un habitant joint par téléphone a déclaré que des manifestants avaient rejoint un rassemblement organisé par des ouvriers d'usine pour réclamer des arriérés de salaires".

Les manifestations officielles marquent l'anniversaire du grand rassemblement qui avait mis un terme au mouvement de protestation contre la réélection contestée de l'ex-président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2009.

Jeudi, une manifestation a déjà eu lieu à Mashhad contre la hausse des prix et le gouvernement, au cours de laquelle 52 personnes ont été arrêtées. D'autres vidéos diffusées sur Telegram par des chaînes basées à l'étranger et liées à l'opposition montrent des milliers de manifestants criant notamment "mort au dictateur", présentant ces protestations comme ayant eu lieu notamment dans les villes de Khorramabad, Zanjan ou Ahvaz, dans l'ouest du pays.

Tandis que certains des manifestants des deux derniers jours sont allés jusqu'à scander des slogans en faveur de la monarchie, disparue depuis la révolution islamique de 1979, la plupart des contestataires dénoncent la lenteur des réformes économiques et des progrès sociaux depuis la signature, en 2015, d'un accord sur le nucléaire qui a permis la levée de lourdes sanctions économiques.

Certains ne se sont pas contentés de dénoncer le chômage ou l'inflation, mais ont aussi scandé des slogans visant clairement le président Hassan Rohani.