Mardi, 17 Juillet, 2018

De nouveau jugé pour dissimulation de patrimoine — Dieudonné

Le polémiste Dieudonné le 13 décembre 2013 à Paris Le polémiste Dieudonné le 13 décembre 2013 à Paris
Max Fresnel | 16 Décembre, 2017, 07:04

Retour à la case tribunal pour Dieudonné M'Bala M'Bala.

"Fraude fiscale", "blanchiment de fraude fiscale", tels sont les motifs qui envoient une nouvelle fois Dieudonné devant les tribunaux, a affirmé, ce jeudi 14 décembre, l'AFP, s'appuyant sur une source proche de l'enquête. La date du procès n'est pas encore connue. Dans la même affaire, sa compagne, Noémie Montagne, est renvoyée en correctionnelle pour abus de biens sociaux et fraude fiscale et leur société, Les Productions de la plume, pour fraude fiscale, précise-t-on de même source. Contactés par l'Agence France-Presse, les avocats du polémiste n'étaient pas joignables dans l'immédiat. Entre 2009 et 2014, selon une source proche du dossier, Dieudonné a effectué des transferts d'espèces à l'étranger (au Cameroun, en Chine et aux Emirats arabes unis) pour près de 570 000 euros.

En janvier 2014, les enquêteurs avaient ainsi découvert plus de 650 000 euros (987 000 dollars) en espèces dans les coffre-forts de la propriété d'Eure-et-Loir (au sud-ouest de Paris) du couple, vendue par Dieudonné pour solder ses dettes, mais rachetée par sa boîte de production, co-gérée par sa compagne. "Ce montant est hors de proportion avec la caisse déclarée depuis l'origine ", estime le juge, qui relève également la présence "d'importantes grosses coupures, peu compatible avec des paiements d'une clientèle se rendant au spectacle ". Dieudonné faisait notamment l'objet d'un signalement pour avoir fait envoyer par des proches plus de 400.000 euros au Cameroun, pays d'origine de son père, à partir de 2009.

L'humoriste avait pour habitude, depuis une quinzaine d'années, de se produire à Paris, au théâtre de la Main d'or - il en a été expulsé cette année, en novembre.

"Ce sera la première fois que l'ensemble de la 'Dieudosphère' comparaîtra devant un tribunal", se félicite David-Olivier Kaminski, avocat de la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme), qui avait porté plainte en 2012, faute d'obtenir les dommages et intérêts que lui devait le polémiste après plusieurs condamnations pour des propos diffamatoires ou de provocation à la haine raciale.