Lundi, 20 Novembre, 2017

Puigdemont prêt "à coopérer pleinement avec la justice belge"

Catalan President Carles Puigdemont Puigdemont explique pourquoi il a quitté la Catalogne REUTERS Albert Gea
Manon Joubert | 06 Novembre, 2017, 00:23

Le président catalan destitué Carles Puigdemont et ses quatre leaders indépendantistes, sous le coup d'un mandat d'arrêt européen émis par Madrid et exilés en Belgique, se sont rendus à la police belge, a annoncé le parquet de Bruxelles.

" Ils se sont rendus au bureau de la police judiciaire fédérale ce matin " a expliqué Benoît Dejemeppe, " et ont été privés de liberté ce matin à 9h17 ". Un juge d'instruction sera saisi et aura 24 heures, jusqu'à lundi 9h17, pour décider de les placer en détention, de les libérer sous condition ou caution.

Carles Puigdemont et ses quatre conseillers sont visés par des mandats d'arrêts émis par l'Espagne pour "sédition, rébellion et détournement de fonds", après la déclaration d'indépendance de la Catalogne. "Nous avions des contacts réguliers avec les avocats des cinq personnes et il avait été convenu un rendez-vous au commissariat de la police fédérale", a expliqué Gilles Dejemeppe. "Ils ont honoré ce rendez-vous", a-t-il ajouté.

Lorsque les intéressés se trouvent au parquet par arrestation directe ou non, ils sont privés de liberté, sont obligés de se soumettre à l'audition mais ils ne sont pas encore placés sous mandat d'arrêt. Le leader indépendantiste se trouvait dans la capitale belge depuis une semaine.

"Nous sommes prêts à coopérer pleinement avec la justice belge à la suite du mandat d'arrêt européen délivré par l'Espagne", indique le message de Carlos Puigdemont.

Le mandat d'arrêt européen a été créé pour faciliter l'extradition entre Etats membres, mais la procédure judiciaire qui s'ouvre risque d'être longue. M. Puigdemont et son avocat ont en effet déjà annoncé leur volonté de s'opposer à ce mandat.

Selon lui, il n'existe pas à Madrid les garanties d'une "sentence juste, indépendante qui puisse échapper à cette énorme pression, à cette énorme influence de la politique sur le pouvoir judiciaire en Espagne".

"La décision-cadre de l'UE prévoit que la décision finale doit être prise dans un délai de 60 jours, étendu à 90 jours en cas de circonstances exceptionnelles", soulignait vendredi soir le ministre de la Justice Koen Geens.