Jeudi, 16 Août, 2018

Procès AZF : condamnés, l'ex-directeur et l'entreprise vont se pourvoir en cassation

AZF. Prison avec sursis pour l'ex-directeur, amende maximale pour l'entreprise Procès AZF : 15 mois de prison avec sursis pour l'ex directeur et amende pour Grande Paroisse
Manon Joubert | 01 Novembre, 2017, 00:22

L'explosion de l'usine chimique AZF à Toulouse, pour laquelle l'ex-directeur du site et l'entreprise ont été condamnés en appel mardi, a constitué la plus grave catastrophe industrielle en France depuis 1945 et entraîné 16 ans de bataille judiciaire. Grande Paroisse, la filiale de Total, propriétaire de l'usine, est condamnée à l'amende maximale de 225 000 euros.

Vue prise le 22 septembre 2001 de l'usine chimique AZF, après la catastrophe.

Ce reportage est issu du journal télévisé de 20h du 31 octobre 2017 présenté par Gilles Bouleau sur TF1. La justice considère que Serge Biechlin et Grande Paroisse sont coupables de "négligences " et de "fautes caractérisées ". L'avocat général réclame 3 ans de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende pour M. Biechlin, et 225.000 euros d'amende pour Grande Paroisse. Ils annoncent tous deux un pourvoi en cassation.

Assumant sa responsabilité civile, le groupe Total verse 2 milliards d'euros aux victimes.

L'ex-directeur a été condamné à 15 mois de prison avec sursis pour "homicide involontaire" et à 10.000 euros d'amende.

Comme en 2012, ils ont ainsi infirmé la relaxe prononcée en première instance, lors du premier procès jugé à Toulouse en 2009. La Cour d'appel de Paris a rendu son verdict dans l'affaire AZF. Un jugement annulé en 2015 par la Cour de cassation en raison d'un doute sur l'impartialité d'un magistrat, engagé dans une association d'aide aux victimes.

Le troisième procès n'a pas apporté de révélations, mais la décision de la justice est très attendue par les victimes, épuisées par des années de procédures et des séquelles parfois lourdes de l'explosion. Comme les précédents, ce troisième procès, émaillé de débats très techniques, a vu s'affronter deux visions de la catastrophe. Les victimes - 2700 se sont constituées parties civiles - ont obtenu de la justice la validation du scénario d'une explosion due au déversement accidentel d'un produit chloré sur un tas de nitrate d'ammonium, rendu possible par une mauvaise gestion des déchets de cette usine classée Seveso 2. "Il y a une explosion qui a commencé dans le bâtiment 221", où était stocké du nitrate d'ammonium, avait assené l'un des avocats généraux.

La défense avait au contraire avancé d'autres hypothèses: un acte terroriste, dans une ville comptant des foyers de radicalisation islamiste, dix jours après l'attaque contre les tours jumelles du World Trade Center, ou une explosion due à de très vieux résidus de poudre dans le sol.