Lundi, 20 Novembre, 2017

"Paris Match" publie une photo interdite — Procès d'Abdelkader Merah

Verdict Merah: Si ce n’est lui c’est donc son frère ? Eh bien non Abdelkader Merah dans Paris Match : la photo du scandale
Manon Joubert | 12 Novembre, 2017, 02:35

C'est ainsi depuis la loi sur la liberté de la presse datant de 1881: il est interdit de prendre des photos durant un procès et de les diffuser. Elle a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). Sur le cliché de Paris Match, on voit assez nettement Abdelkader Merah dans le box des accusés, de face, à côté de ses avocats Antoine Vey et Eric Dupond-Moretti, visible de dos pour sa part, vêtus de leur robe noire.

Ce procès s'est déroulé pendant cinq semaines sous haute tension, dans un contexte de menace jihadiste toujours très élevée en France, et a suscité une vive émotion.

En enfreignant cette règle, "Paris Match" risque 4500 euros d'amende et la confiscation des numéros imprimés. Il y a ce que l'on appelle un droit un droit à l'image. "C'est évidemment interdit et je vais engager une action judiciaire pour Fettah Malki". "Dans un monde où l'on montre de moins en moins, nous estimons que ces images, et le regard dans le vide de Merah avant l'annonce du verdict, pouvaient permettre d'aller au-delà de ce procès historique qui est le premier procès pour terrorisme dans notre monde contemporain", explique-t-il.

Ainsi, le journal détenu par le groupe Lagardère a publié dans sa version papier et sa version web deux photos des accusés lors du procès. "Nous nous sommes retrouvés avec ce matériel et nous avons décidé de les publier pour leur portée historique", a déclaré à 20minutes.fr Régis Le Sommier. Ok mais ça correspond à peu près à l'angle de l'endroit où il se trouvait. Invoquant son "droit à l'image", Eric Dupond-Moretti portera "peut-être" plainte contre l'hebdomadaire.

De quoi indigner l'Association de la Presse Judiciaire: "Paris Match torpille le travail de la presse judiciaire, déplore l'APJ dans un communiqué de presse".

L'hebdomadaire a aussi publié jeudi des photos montrant l'autre accusé, Fettah Malki, dans le box, ainsi que la mère de la famille Merah en train de témoigner devant la cour. Michel Fourniret avait refusé à l'ouverture du procès de s'exposer aux prises de vue des photographes et cameramen.

En juillet, le tribunal de grande instance de Paris avait interdit à l'hebdomadaire "toute nouvelle publication" de deux photos de l'attentat survenu le 14 juillet 2016 à Nice, sans toutefois ordonner le retrait du magazine des kiosques.