Lundi, 20 Novembre, 2017

Nucléaire : le gouvernement reporte l'objectif de réduction à 50% prévue pour 2025

Le ministre de la transition écologique Nicolas Hulot le 2 novembre à l’Elysée Hulot repousse l'objectif de réduction de la part du nucléaire à 50% au-delà de 2025
Manon Joubert | 09 Novembre, 2017, 00:37

"L'atteinte de l'objectif des 50% de nucléaire dans la production d'électricité en 2025 conduit systématiquement à une augmentation des émissions de CO2 du système électrique français", car il faudrait utiliser plus de centrales à gaz et à charbon, souligne RTE dans son bilan prévisionnel.
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Surtout, Nicolas Hulot pointe également du doigt le précédent gouvernement, dont ont fait partie des ministres EELV, la formation de Yannick Jadot. Mais aussi pour les auteurs de la loi de transition énergétique de 2015.

Invité ce mercredi sur BFM-TV, le ministre de la Transition écologique a cherché à se justifier. "Dans un an, je donne rendez-vous car nous aurons une visibilité très claire du nombre de réacteurs que nous allons avoir à fermer". Impossible sauf à ne pas tenir compte de nos engagements sociaux, à ne pas fermer les centrales à charbon et à rouvrir de centrales thermiques.

"Et quand Nicolas Hulot se défend de tout renoncement en s'appuyant sur des analyses de l'Ademe (Agence pour la maîtrise de l'énergie), et de RTE (gestionnaire du réseau électrique), c'est un ancien de la fondation Hulot, le député LREM, Mathieu Orphelin qui le contredit". Or, ces dernières ne peuvent se développer que si la part du nucléaire est réduite dans le mix électrique français.

Nicolas Hulot a expliqué qu'il préférait prendre le temps pour trouver une "date réaliste" pour que le nucléaire descende à 50%. "On ne recule pas, on va avancer". "Si je m'en étais tenu à l'immobilisme prédominant, on ne l'aurait pas fait ni en 2025, ni en 2030, ni en 2035", a jugé le ministre, qui prône le "réalisme" et la "rationalité". "J'ai un an pour parler des scénarios avec l'ensemble des acteurs" et préciser le calendrier.

La centrale alsacienne de Fessenheim "sera fermée dans le quinquennat" et "on va en profiter pour en faire un cas d'école", a-t-il affirmé.

Il n'en reste pas moins que l'annonce de mardi constitue une épreuve politique pour Nicolas Hulot, déjà accusé de multiples renoncements par le camp écologiste.

Lors du conseil des ministres, le gouvernement a confirmé son intention d'arrêter la production du site, mais seulement lorsque l'EPR de Flamanville (Manche), qui devrait être à pleine capacité en 2019, sera mis en service. Avant, c'est trop tôt.