Mercredi, 25 Avril, 2018

Nuage radioactif en France: la Russie avoue en être à l'origine

Une concentration extrêmement élevée de ruthénium 106 a été repérée par l’agence de météorologie russe Rosguidromet dans l’Oural./DR Une concentration extrêmement élevée de ruthénium 106 a été repérée par l’agence de météorologie russe Rosguidromet dans l’Oural./DR
Manon Joubert | 22 Novembre, 2017, 00:23

Mi-octobre, Rosatom avait assuré dans un communiqué cité par les médias russes que " dans les échantillons relevés du 25 septembre au 7 octobre, y compris dans le sud de l'Oural, aucune trace de ruthénium-106 n'a été découverte à part à Saint-Pétersbourg", rejetant les conclusions des réseaux européens de surveillance de la radioactivité.

L'agence russe a précisé que la concentration la plus élevée de ce produit radioactif a été relevée à Arguaïach, un village situé au sud de l'Oural, à une trentaine de kilomètres du site nucléaire de Maïak, où la concentration était 986 fois supérieure aux taux enregistrés le mois précédent.

Du ruthénium-106 avait été détecté dès fin septembre par plusieurs réseaux européens de surveillance de la radioactivité dans l'atmosphère.

Du ruthénium-106 a été détecté entre le 25 septembre et le 1er octobre "par les stations d'observation d'Arguaïach et de Novogorny", confirme Rosguidromet. L'un des premiers accidents nucléaires majeurs de l'histoire, mais qui a longtemps été gardé top secret par Moscou. Nadezhda Kutepova, militante russe réfugiée en France qui s'est consacrée pendant des années à la défense des victimes de ces pollutions, identifie deux pistes pour ce rejet.Dans un communiqué, elle explique qu'il pourrait provenir soit d'un accident dans l'usine de retraitement des combustibles nucléaires, soit d'un dysfonctionnement d'une usine de vitrification de déchets radioactifs, dont la construction a connu certains déboires.

Greenpeace va également envoyer une lettre au parquet russe pour demander l'ouverture d'une enquête sur la "dissimulation éventuelle d'un incident nucléaire". La Russie a reconnu lundi 20 par le biais de son agence de météorologie Rosguidromet être à l'origine de la dispersion d'un nuage radioactif en Europe à la fin du mois de décembre. Dès le 29 septembre, il s'est ensuite fixé "dans tous les pays européens, à partir de l'Italie et vers le nord de l'Europe".

Le ruthénium-106 est un produit de fission issu de l'industrie nucléaire, par ailleurs utilisé pour des traitements médicaux.

Pour faire toute la lumière ce qu'il s'est réellement passé, Greenpeace Russie exige de Rosatom (la société d'État russe qui gère l'activité de toutes les entreprises nucléaires du pays) de "mener une enquête approfondie" et de "publier des données sur les événements arrivés à Mayak", a-t-elle fait savoir par voie de communiqué publié sur son site internet.

L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire français (IRSN) avait considéré que "les niveaux de concentration dans l'air en ruthénium-106 qui ont été relevés en Europe et en France sont sans conséquence pour la santé humaine et l'environnement".