Samedi, 20 Janvier, 2018

LREM. 100 adhérents dénoncent le manque de démocratie du mouvement

La République en Marche, parti “en état dépressif” selon un député LREM : 100 « frondeurs » annoncent leur départ du mouvement
Manon Joubert | 16 Novembre, 2017, 02:21

Une centaine de " marcheurs " annoncent ce mardi qu'ils quitteront le mouvement à la veille du congrès de La République en marche. Samedi, La République en Marche se réunit en congrès à Lyon, grand raout qui doit permettre l'intronisation de Christophe Castaner à la tête du parti. "Le prochain 'sacre' de Christophe Castaner, élu à la tête du parti, avant l'heure en l'absence de concurrents, laisse peu d'espoirs aux militants en attente de démocratie", jugent les marcheurs contestataires, tout en dénonçant les "menaces", et les "tentatives d'intimidation", dont ont pu être l'objet les porteurs d'une parole critique. Parmi ces élus figurent la Finistérienne Tiphaine Beaulieu, présidente de la confédération des Marcheurs de la République, et Emmanuel Drouin, élu municipal de Segré (Maine-et-Loire). Un huissier apportera les lettres de démission au siège du mouvement vendredi 17 novembre.

Aucune instance de régulation n'a été activée.

Pour les signataires, "les nouveaux statuts, avec une représentativité très affaiblie de la base militante ne permettent ni la liberté d'opinion et d'expression, ni une critique interne du pouvoir contre ses propres abus".

"Les missions de La République en marche doivent être d'animer le débat, de faire revenir les intellectuels dans les partis et dans un mouvement politique qu'ils ont déserté depuis vingt ans", a prôné Benjamin Griveaux. Déçus du manque de démocratie qui règne au sein du parti, une centaine d'entre eux ont décidé de claquer la porte.

"Il y a une minorité qui voudrait que le mouvement soit différent et en même temps, il y a des milliers de gens qui s'engagent", a dit une responsable à Reuters.

Car contrairement aux autres partis politiques, les 380 000 adhérents LREM ne vont pas voter.

"Ça rentre, ça sort, ça respire, un mouvement, c'est ça aussi la démocratie", a-t-il déclaré à la presse dans les couloirs de l'Assemblée nationale. Dans ce texte au vitriol, les "séditieux " s'interrogent: "Comment expliquer que les comités se soient vidés de leurs marcheurs cinq mois seulement après l'accession au pouvoir d'Emmanuel Macron?".

L'état de grâce de la majorité est-il en train de passer? "La question de l'avenir de Christophe Castaner au gouvernement se posera" à ce moment-là, a commenté l'Elysée.