Lundi, 20 Novembre, 2017

Les Femen perturbent la rétrospective Polanski

Des manifestations féministes perturbent le lancement de la rétrospective Polanski Les féministes poings levés contre la rétrospective Polanski à la Cinémathèque de Paris
Max Fresnel | 01 Novembre, 2017, 00:40

L'association Osez le féminisme appelle à manifester à 19H30 devant l'établissement où le réalisateur, 84 ans, doit assister à la projection de son dernier film, "D'après une histoire vraie".

Une centaine de personnes ont manifesté lundi soir devant la Cinémathèque de Paris pour protester contre la rétrospective consacrée au cinéaste franco-polonais Roman Polanski, accusé par plusieurs femmes de viols et d'agressions sexuelles.

Cet hommage au réalisateur, en pleine affaire Weinstein, a provoqué l'ire des associations féministes.

Deux militantes Femen sont intervenues à l'intérieur de bâtiment. "Si violer est un art, donnez à Polanski tous les César", pouvait-on lire aussi sur l'une des banderoles, tandis que des manifestants scandaient "Assez de ceux qui veulent protéger les agresseurs".

"Pour nous, l'important c'est d'annuler la rétrospective, des excuses de la Cinémathèque et une prise de conscience", a dit à l'AFP la porte-parole du groupe féministe, Raphaëlle Rémy-Leleu. Alors âgé de 43 ans, le cinéaste avait eu une relation sexuelle avec une mineure de 13 ans, Samantha Geimer. Le juge avait accepté de ne pas retenir d'autres incriminations, dont le viol. Le cinéaste est plus que jamais dans le viseur des féministes, depuis que de nouvelles accusations de viol à son encontre ont émergé, et que le mouvement #MeToo prend de plus en plus d'ampleur. Interrogée à ce sujet sur LCI ce mardi, la secrétaire d'Etat à l'égalité hommes - femmes a dit son indignation: "C'est ce qui contribue à la culture du viol que de minimiser ou de relativiser les viols ou les agressions sexuelles selon le talent ou la notoriété de la personne".

Osez le féminisme reproche aussi à la Cinémathèque de prévoir en janvier une rétrospective consacrée à Jean-Claude Brisseau.