Lundi, 20 Novembre, 2017

Le Premier ministre libanais démissionne et s'en prend à l'Iran

Le Premier ministre libanais Saad Hariri annonce sa démission à la suprise générale STRINGER AFP DALATI AND NOHRA AFP
Manon Joubert | 05 Novembre, 2017, 00:56

"La subite démission de Saad Hariri et son annonce depuis un pays tiers est non seulement regrettable et surprenante mais montre qu'il joue sur un terrain conçu par ceux ne veulent pas le bien de la région [.] et le seul vainqueur de ce jeu est le régime sioniste [.] et non les pays arabes et islamiques", a ajouté le responsable iranien, en faisant référence à Israël. Il aurait eu des instructions saoudiennes pour quitter son poste sous prétexte que sa vie était menacée et que l'Iran phagocytait désormais la vie du Liban...

" J'annonce ma démission du poste de Premier ministre ", a déclaré Saad Hariri, actuellement en Arabie saoudite, dans une déclaration retransmise par la chaîne satellitaire Al-Arabiya - à capitaux saoudiens.

Le premier ministre démissionnaire a par la suite déploré la gravité de la situation.

"J'ai senti ce qui ce tramait dans l'ombre pour viser ma vie", a-t-il dit en soulignant que le Liban vivait une situation similaire à celle qui prévalait avant l'assassinat en 2005 de son père Rafic Hariri, ex-Premier-ministre et opposant au pouvoir à Damas. Quatre membres du Hezbollah sont mis en cause dans ce meurtre qui a ébranlé le Liban.

Cette démission intervient dans un contexte de recomposition des équilibres au Moyen-Orient.

Il s'est envolé vendredi pour l'Arabie saoudite après avoir rencontré Ali Akbar Velayati, principal conseiller de l'Ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la révolution iranienne. M. Hariri est farouchement hostile au régime syrien.

Le Hezbollah est ainsi un instrument de l'Iran, qui a profité de la guerre pour établir un continuum chiite du golfe persique à la mer Méditerranée. Elle s'est fortement renforcée à la faveur du conflit, en armements et en technique de combat. Le puissant mouvement armé du Hezbollah chiite fait partie de son gouvernement. Très lié à l'Arabie saoudite, puissance musulmane sunnite, ce dernier s'était publiquement déclaré en faveur du départ de Bachar Al Assad de la présidence syrienne.

"Cela signifie qu'il ne reviendra plus au Liban", dit-il en mettant en garde contre "une guerre froide au Liban qui pourrait dégénérer en guerre interne" et même en une "escalade" contre le Hezbollah.