Jeudi, 18 Janvier, 2018

Huit présidents de départements proposent d'expérimenter le revenu universel

Le bulletin de paie sera simplifié à partir du 1er janvier 2015 Le bulletin de paie sera simplifié à partir du 1er janvier 2015 Crédit: MYCHELE DANIAU AFP
Manon Joubert | 27 Novembre, 2017, 00:47

Les présidents de département visent ainsi l'élaboration d'"un modèle robuste, crédible scientifiquement, audacieux socialement et soutenable financièrement grâce à des micro-simulations" partant des "réalités sociales". "Le revenu de base renouvelle une ambition universelle, celle qui a fondé la création du Revenu Minimum d'Insertion (RMI) en 1988: garantir un revenu socle pour tous", écrivent les élus.

Les présidents socialistes des conseils départementaux de l'Ariège, l'Aude, le Gers, la Haute-Garonne, la Gironde, l'Ille-et-Vilaine, la Meurthe-et-Moselle et la Seine-Saint-Denis, soutenus par les présidents des conseils de l'Ardèche et du Lot-et-Garonne, ont signé une tribune dans le Journal du Dimanche: ils se disent prêts à expérimenter le revenu universel d'existence, "sans dogmatisme ". Il ne s'agissait pas d'une somme fixe, mais d'un montant modulé en fonction des revenus du travail, et de diverses autres allocations.

"Pourquoi nous allons tester le revenu universel dans nos départements", c'est l'intitulé d'une tribune publiée dimanche 26 novembre 2017 sur le JDD et consultable en ligne. Ils demandent à expérimenter ce concept qui divise et resurgit régulièrement dans le débat. Ensuite, place au test grandeur nature: "Nous voulons passer de l'étude en laboratoire au test in vivo en portant un projet d'expérimentation au Parlement".

L'expérimentation de terrain permettra d'évaluer le revenu de base "pour l'ajuster, avant peut-être de le généraliser", font valoir les élus. Selon eux, le revenu de base représente "pour celles et ceux qui passent à travers les mailles du filet de toutes les politiques publiques une opportunité de reprendre le chemin de l'emploi".

Soulignant les limites du Revenu de solidarité active (RSA) et la "complexité" des minimas sociaux, source de non recours, les signataires rappellent que la pauvreté "frappe près de 9 millions de personnes en France".

Dans son programme, Benoît Hamon avait fixé le versement d'un revenu universel d'existence aux Français gagnant moins de 1,9 SMIC.