Jeudi, 18 Janvier, 2018

Angela Merkel échoue à former un gouvernement — Allemagne

En cas de nouveau scrutin Angela Merkel n’aurait aucune garantie de pouvoir se maintenir à la tête de son parti démocrate-chrétien Angela Merkel échoue à former un gouvernement — Allemagne
Manon Joubert | 21 Novembre, 2017, 00:22

Le président de la République, Frank-Walter Steinmeier, qui a désormais la main en vertu de la Loi fondamentale allemande de 1949, a appelé dans la journée tous les partis politiques à prendre leurs responsabilités pour former un gouvernement afin d'éviter un scrutin anticipé qui affaiblirait le pays et l'Europe.

Une crise jamais connu dans l'histoire guette l'Allemagne.

Au pouvoir depuis 2005, Angela Merkel a certes remporté fin septembre les législatives dans la plus grande économie européenne mais avec le pire score depuis 1949 pour son parti, dans un contexte de percée de l'extrême droite et d'atomisation du paysage politique.

Le président de la CSU, Horst Seehofer, a estimé pour sa part que l'échec des discussions et l'absence d'un véritable gouvernement constituent "un poids " pour le pays. Les allemands pourraient être de nouveau appelés à se rendre aux urnes pour à cause du manque de majorité. Pour l'instant, le président allemand, Frank-Walter Steinmeier, n'évoque pas cette possibilité. Celui-ci a laissé entendre dimanche qu'il prendrait son temps, ce scénario n'ayant pas ses faveurs.

Peter Tauber (CDU) a jugé qu'il "n'y avait aucune raison pour qu'il quitte la pièce".

La chancelière a, par ailleurs, annulé une rencontre prévue lundi avec son homologue néerlandais Mark Rutte. En tant que chancelière, je ferai tout pour garantir que ce pays soit correctement dirigé au cours des difficiles semaines qui s'annoncent.

Quoiqu'il arrive, son avenir s'assombrit après 12 ans au pouvoir.

"Tous les partis politiques élus au Parlement allemand ont une obligation envers l'intérêt commun de servir notre pays", a-t-il dit dans une brève allocution.

"La méthode Merkel -un pragmatisme sans limite et une flexibilité idéologique maximale- est arrivée à sa fin", poursuit le Spiegel.

Si aucune solution alternative de coalition ne peut être trouvée dans les semaines à venir pour former une majorité à la chambre des députés, notamment avec les sociaux-démocrates, Angela Merkel a dit préférer l'option d'un retour devant les électeurs.

Car c'est principalement sur la question de l'immigration et des suites de la politique généreuse d'accueil des demandeurs d'asile d'Angela Merkel que les tractations ont buté. Les Verts voulaient davantage de souplesse. Les chefs de l'AfD Alexander Gauland et Alice Weidel se sont du coup réjouis "d'éventuelles nouvelles élections".

Le chef des libéraux Christian Lindner, qui a rompu les pourparlers durant la nuit, était lui accusé par certains politiques et éditorialistes d'avoir fait échouer les négociations à des fins électoralistes.