Vendredi, 20 Juillet, 2018

Affaire Thévenoud : François Hollande savait mais "pensait que c'était réglé"

Thomas Thévenoud l'ancien secrétaire d'État lors de son arrivée au tribunal correctionnel de Paris le 19 avril 2017 Thomas Thévenoud l'ancien secrétaire d'État lors de son arrivée au tribunal correctionnel de Paris le 19 avril 2017
Manon Joubert | 23 Novembre, 2017, 00:16

Mais "il pensait que c'était réglé", affirment plusieurs proches de l'ancien président.

François Hollande savait que Thomas Thévenoud était en délicatesse avec le fisc quand il l'a choisi comme secrétaire d'État au Commerce extérieur, fin août 2014, ont révélé nos confrères de franceinfo ce mardi 21 novembre. Dans "un rush incroyable", François Hollande omet de vérifier que la situation de celui qu'il s'apprête à nommer au Commerce extérieur est régularisée, raconte un de ses proches conseillers."A cinq minutes près, Thomas Thévenoud restait à la porte du gouvernement", titre l'Opinion, qui détaille la suite de la séquence. Quelques minutes seulement avant l'annonce du remaniement, le chef de l'État montre la liste qu'il a dressée à Michel Sapin, ministre des Finances. "Pas que je sache", lui répond Sapin.

Problème: le secrétaire général de l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet, est déjà sur le perron du palais présidentiel, et vient de commencer à annoncer à la presse la composition du nouveau gouvernement. Il démissionne le 4 septembre.

L'ascension politique de Thomas Thévenoud a été brisée net par cette affaire. Avec neuf jours au gouvernement, il est le ministre le plus éphémère de la Ve République, avec Léon Schwartzenberg en 1988, ministre délégué à la Santé du gouvernement Rocard. Il avait plaidé la "phobie administrative" pour justifier ses fautes, une expression qui avait soulevé de nombreuses réactions sarcastiques. Il a écopé en mai dernier de trois mois de prison avec sursis et d'une peine d'inéligibilité d'un an pour fraude pour avoir déclaré en retard ses revenus entre 2009 et 2013. Ce qui n'empêchera pas Matignon de jouer la surprise après les révélations de Mediapart sur les déclarations fiscales du secrétaire d'Etat, assurant n'avoir découvert sa situation qu'après sa nomination.