Lundi, 20 Novembre, 2017

45% seraient dangereux — Médicaments sans ordonnance

Une «liste noire» des médicaments à éviter Automédication : quels médicaments peuvent être dangereux ?
Marie-Paule Arceneaux | 15 Novembre, 2017, 00:52

Alors que la période des rhumes bat son plein, le magazine 60 millions de consommateurs publie ce mardi une "liste noire" des médicaments sans ordonnance qui se vendent le plus.

Au total, 62 médicaments ont été " passés au cribles", sous le contrôle du professeur Jean-Paul Giroud, un pharmacologue renommé, membre de l'Académie de médecine.

Et seuls 21 % des médicaments sont à privilégier comme Vicks Vaporub, Imodiumcaps, Gaviscon menthe, Forlax 10 G, Maalox sans sucre (mais Xolaam, son équivalent est vendu environ 2 fois moins cher).

Selon lui, le rôle de prévention du pharmacien est particulièrement crucial, puisque dans le cas de l'automédication, c'est lui qui délivre les médicaments sans l'aval de la prescription.

Un tiers de ces médicaments est classé " faute de mieux".

"On va utiliser des molécules qui resserrent les vaisseaux et qui peuvent donner des effets secondaires au niveau du cœur".

Parmi les médicaments disponibles sans ordonnance, près d'un sur deux serait à proscrire. En fait, l'étude montre que l'efficacité de plusieurs de ces médicaments n'est pas avérée alors qu'ils peuvent avoir des effets nocifs sur la santé. Et bien ce sont les traitements anti-rhume comme: l' Actifed Rhume, le Nurofen Rhume et le DoliRhume, pour la bonne et simple raison qu'ils présentent 3 principes actifs très puissants. Oui mais voilà, le fait que ces médicaments soient tout-en-un les rendent extrêmement dangereux car ils favorisent le surdosage, et par conséquent des effets indésirables gravissimes comme des vertiges, ou pire: des accidents vasculaires cérébraux ou des accidents cardio-vasculaires. Le hors-série de "60 millions de consommateurs" prend l'image d'un "bazooka à la disposition des malades". "C'est l'hécatombe par rapport à l'étude que nous avions réalisée en 2015, où il y avait 35% de médicaments à privilégier et seulement 50% à proscrire", explique le scientifique.

Cette dégradation provient du fait que, depuis juillet, les sirops ou comprimés à base de dextrométhorphane (dérivé opioïde), une substance efficace contre certaines toux sèches et fatigantes, ne sont plus accessibles sans ordonnance. Et de préciser que cette situation est liée à l'émergence des "purple drank" - des cocktails mêlant sodas et produits pharmaceutiques - prisés par les ados. 600 d'entre eux sont en accès direct à la pharmacie. "De toute façon, la durée d'utilisation doit être courte", souligne le Pr Giroud.

"Ce qui manque c'est l'information, à partir du moment où vous n'avez pas le filtre du médecin ou du pharmacien... car le pharmacien devrait attirer l'attention du patient".