Lundi, 23 Octobre, 2017

Voiture de police incendiée : sept personnes condamnées, jusqu'à 7 ans de prison

La justice rend mercredi 11 octobre sa décision contre des militants antifascistes accusés d’avoir participé à l’attaque violente d’une voiture de police à Paris en 2016 Voiture de police incendiée: le jugement des antifas attendu sous haute-tension
Manon Joubert | 12 Octobre, 2017, 00:41

La peine la plus lourde, sept ans de prison, a été prononcée contre un prévenu en fuite, le Suisse Joachim Landwehr, accusé d'être l'incendiaire de la voiture de police.

Bloquée dans la circulation à proximité, quai de Valmy, dans le Xe arrondissement de Paris, une voiture siglée police nationale s'était faite attaquer par plusieurs personnes encagoulées. Pendant le procès, qui s'est tenu le mois dernier, les audiences avaient été rythmées par les clameurs de dizaines de personnes massées à l'extérieur de la salle, scandant des slogans tels que "Flics, violeurs, assassins" ou "Tout le monde déteste la justice".

Le président du tribunal a commencé par annoncer la relaxe de deux jeunes hommes, dont le frère d'Antonin Bernanos, poursuivis pour participation à un attroupement violent.

Les vitres volent en éclats sous le coup de plots métalliques.

Six autres prévenus, dont trois ayant reconnu les faits lors de l'instruction, étaient jugés pour l'attaque de la voiture et des policiers. Présenté par les autorités helvétiques comme un militant anarchiste et antifasciste, habitué des manifestations, cet homme de 28 ans, né à Zürich et vivant à Genève, était accusé d'avoir jeté le fumigène ayant embrasé la voiture de police.

Le tribunal reste en-deçà des réquisitions et les autres prévenus échappent, eux, à la détention, au moins dans l'immédiat. Kara Brault est condamnée à quatre ans de prison dont deux ferme, Nicolas Fensch a cinq ans dont deux et demi ferme, Thomas Richaud a deux ans dont un an ferme, Ari Rustenholz a cinq ans dont deux et demi ferme. Un jeune ouvrier tombe dans les bras de sa mère en larmes: il a écopé de deux ans, dont un avec sursis, pour des coups de pied à la voiture et pourra également bénéficier d'un aménagement.

Quelle peine pour Antonin Bernanos? Pour la justice, il est l'assaillant masqué et vêtu de noir qui a frappé le policier encore assis dans la voiture, et qui a fait exploser la lunette arrière du véhicule à l'aide d'un plot métallique.

Le représentant du ministère public a aussi énuméré une série d'indices permettant selon lui de confondre Antonin Bernanos: un caleçon de couleur rose ou violette, des bagues, des cernes, un téléphone dans une poche de jean.

La plus grande inconnue de ce délibéré du tribunal correctionnel de Paris est le sort qui sera réservé à Antonin Bernanos, étudiant de 23 ans, devenu avec ce procès l'une des figures les plus médiatiques de la mouvance antifasciste. Reste à voir comment cette peine, à laquelle il faut retrancher dix mois de détention provisoire, sera purgée.