Lundi, 23 Octobre, 2017

Une impasse et une occasion — Catalogne

Atmosphère d’insurrection en Catalogne La répression policière dénoncée Autonomie ou sécession ?
Manon Joubert | 08 Octobre, 2017, 00:21

Cependant, le Parti socialiste de #Catalogne, non favorable à l'indépendance, a saisi la cour constitutionnelle pour faire annuler cette séance et couper l'herbe sous le pied aux indépendantistes.

Le Parlement régional doit se réunir lundi prochain à Barcelone pour examiner le résultat du référendum et lancer un processus menant à l'indépendance de la Catalogne. La loi organisant ce scrutin indique même qu'elle s'impose à toute autre norme qui entrerait en conflit avec elle, y compris la Constitution.

Santi Vila affirme qu'il est contre une déclaration unilatérale d'indépendance pour le moment et qu'il aimerait voir la création d'un comité d'experts catalans et espagnols qui pourrait travailler pour parvenir à résoudre la crise.

L'inquiétude qui a gagné l'Espagne depuis le "référendum" catalan d'autodétermination en Catalogne s'exprimait samedi dans les rues, avec des manifestations pour le "dialogue" ou l'"unité", à quelques jours d'une hypothétique déclaration d'indépendance qui donnait même le vertige aux séparatistes. En septembre 2017, le Parlement régional vote une loi pour la tenue d'un référendum sur la question de l'indépendance.

Ces derniers jours, de grands patrons catalans tout comme l'organisation patronale nationale CEOE ont fait part de leur "préoccupation maximale" devant une éventuelle déclaration d'indépendance.

Qui pour mener la mission de médiation?

Quant au président catalan Carles Puigdemont, il a annoncé le report à mardi 18h00 (16h00 GMT) de son intervention devant le Parlement catalan.

Le référendum d'autodétermination a creusé davantage le fossé entre Madrid et la Catalogne et à lever le voile sur la profondeur de la fracture qui sépare les deux camps.

Sabadell, également cinquième banque espagnole, a annoncé en début de soirée sa décision, prise lors d'une réunion extraordinaire de son conseil d'administration. Le quotidien le plus lu du pays soulignait que le plongeon boursier de la veille était "le pire depuis le Brexit" dans la quatrième économie de la zone euro.

Interrogé sur la possibilité que le gouvernement espagnol intervienne et prenne le contrôle du gouvernement catalan, M. Puigdemont a dit que ce serait "une erreur qui changera tout".

"Le roi adopte le discours et les politiques du gouvernement (de Mariano) Rajoy qui ont été catastrophiques pour la Catalogne et ignore délibérément des millions de Catalans qui ne pensent pas comme eux", a dit le président Puigdemont, à la télévision publique catalane. A Barcelone, ils étaient environ 2.000 samedi à s'être rassemblés sur la Plaza de Sant Jaume, certains portant des tee-shirts demandant en catalan: "Si us plau, dialoguer" (s'il vous plaît, parlez-vous).

"Aujourd'hui, la société catalane est fracturée et conflictuelle", a déclaré le roi Felipe, se référant à la crise politique comme un "moments très sérieux pour notre vie démocratique". Après les ennuis de son défenseur catalan Gerard Piqué, critiqué et conspué pour s'être prononcé pour "le droit à décider", la Roja, toute proche d'une qualification pour le Mondial 2018, recevait l'Albanie hier à Alicante.