Jeudi, 16 Août, 2018

"Un délinquant chevronné" selon le Parquet national financier — Nicolas Sarkozy

Le parquet national financier a demandé le renvoi de l'ancien président Nicolas Sarkozy et son avocat Me Thierry Herzog en procès dans l'affaire des écoutes Le Parquet national financier assimile Nicolas Sarkozy à un ...
Manon Joubert | 15 Octobre, 2017, 00:48

Dans son réquisitoire contre Nicolas Sarkozy dans l'affaire dite des écoutes (daté du 4 octobre et dont les conclusions ont été rendues publiques le 6 octobre), le parquet national financier compare les méthodes de l'ancien Président à celles des "délinquants chevronnés". Peut-être y aura-t-il désormais un avant et un après en ce qui concerne les qualificatifs attribués à Nicolas Sarkozy?

Dans cette affaire, l'ancien président de la République est soupçonné d'avoir tenté d'obtenir, en 2014, par l'intermédiaire de son avocat Thierry Herzog, des informations secrètes auprès d'un haut magistrat dans le cadre de l'affaire Bettencourt. Les juges avaient alors découvert que Nicolas Sarkozy et son avocat communiquaient sur des téléphones portables "secrets" acquis sous l'identité d'un faux "Paul Bismuth".

Selon Le Monde : " Patricia Simon et Claire Thépaut, les deux juges d'instruction, dont les investigations sont ainsi confortées par le ministère public, pourraient signer l'ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel d'ici à la fin de l'année.

Car c'est de cette affaire Bettencourt que tout est parti, et des soupçons de financement libyen de la campagne de 2007. "Ils ont régulièrement évoqué les moyens de tirer avantage de la présence au sein même de la Cour de cassation d'un haut magistrat qui leur était dévoué, rapidement identifié comme étant Gilbert Azibert, premier avocat général à la 2e chambre civile de la Cour.", résume le PNF. Sur les 32 mois qu'elle a duré, près de 18 ont été consacrés à l'examen de recours déposés par les avocats de Nicolas Sarkozy. Gilbert Azibert, en échange d'informations, espérait alors obtenir un poste dans la principauté de Monaco. "Les deux téléphones, achetés en janvier 2014 sous l'identité de Paul Bismuth puis utilisés selon un mode opératoire le plus souvent utilisé par des délinquants chevronnés cherchant à déjouer les surveillances judiciaires, n'étaient pas les premiers", écrivent les magistrats dans les 79 pages de leur réquisitoire.

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"En dépit des dénégations des intéressés, les éléments à charge sont multiples et concordants."
". Au vu des conversations interceptées par les enquêteurs, Nicolas Sarkozy avait été mis en examen pour "corruption active", "trafic d'influence" et "recel de violation du secret professionnel".

Le PNF insiste sur le fait que Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog "ont utilisé pendant plusieurs mois des téléphones occultes pour passer une partie de leurs communications, celles qui, par nature, devaient échapper à une surveillance judiciaire. Azibert, Herzog et Sarkozy", assure le PNF dans son réquisitoire retranscrit par Le Monde.