Mercredi, 14 Novembre, 2018

Situation très tendue au sein du pays, les manifestations interdites — Togo

L'opposant Tikpi Atchadam L’opposant Tikpi Atchadam / DR
Manon Joubert | 19 Octobre, 2017, 00:35

Selon ce communiqué, les violences à Sokodé ont fait trois morts dont deux militaires qui ont été lynchés et exécutés, en plus de la destruction des biens publics et privés.

"Les forces de l?ordre ne sont pas les seules à détenir des armes donc il est difficile de dire qui a tiré", a affirmé mercredi le colonel Yark lors du point presse. Nous n'avons plus peur des gaz lacrymogènes. À Bé, le quartier historique de l'opposition, des manifestants et les forces de l'ordre s'affrontaient depuis le début de la matinée.

"Nous sommes toujours calfeutrés chez nous". "Lélectricité a été coupée vers 19 heures, après la prière et cinq véhicules de la gendarmerie sont arrivés pour enlever Alpha Alassane, un imam très reconnu dans la ville ", a raconté à lAFP Ouro Akpo Tchagnaou, le coordinateur de lAlliance nationale pour le changement, un parti dopposition. Barricades de fortune, quartiers bloqués, gaz lacrymogènes et "expéditions punitives" menées par les forces de l'ordre. "On frappe tout ce qui bouge", a-t-il rapporté.

Le CAP 2015, le Groupe des Six, le PNP, le CAR et Santé du Peuple, tous réunis au sein de la coalition dénoncent vivement l'arrestation de l'imam interpellé dans la soirée du lundi 16 octobre 2017 (sur réquisition du Parquet, selon les autorités) ainsi que les violences qui en ont découlé. L'opposition avait appelé la semaine dernière à deux nouvelles journées de manifestations mercredi et jeudi.

Le gouvernement l'avait aussitôt interdit, annonçant qu'il n'autoriserait plus les marches pendant les jours de travail, pour éviter les "violences" et les "dérives".

Douze personnes dont une majorité d'adolescents, ont ainsi été tuées en à peine deux mois.

Face aux exigences de l'opposition, le gouvernement s'apprête à envoyer en référendum un projet de loi ramenant la limitation du mandat présidentiel à deux et le scrutin à deux tours.

Mais l'opposition rejette le texte en bloc: la limitation prévue par le gouvernement n'est pas rétroactive et permettrait au président Faure Gnassingbé, élu en 2005 dans la violence, de se représenter en 2020 et en 2025.