Mardi, 19 Juin, 2018

Quels scénarios après le référendum — Catalogne

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Mickael LaFromboise | 04 Octobre, 2017, 00:13

Le scrutin auquel ont participé de très nombreux Catalans a ouvert la crise politique la plus profonde traversée par l'Espagne depuis le rétablissement de la démocratie dans le pays en 1977. "Aucune des équipes professionnelles et du centre de formation du FC Barcelone ne s'entraînera demain au centre d'entraînement".

Selon les chiffres de la police municipale, ils sont au moins 300.000 dans les rues de la capitale régionale, à brandir l'estelada, le drapeau catalan griffé de quatre bandes rouges sur fond jaune et d'une étoile bleue.

"Dehors les forces d'occupation!", "Les rues seront toujours à nous!": les artères de Barcelone résonnaient de slogans hostiles à la police nationale et à la Garde civile, envoyées par Madrid.

Quelles organisations ont appelé à manifester ce mardi?

"Regardez! Il n'y aura pas de retour en arrière", a lancé Miriam Lao, 35 ans. Plusieurs syndicats de police se sont plaints du harcèlement de la population.

Les images des coups de matraque assénés par les policiers et les gardes civils dimanche ont fait le tour du monde. Un porte-parole a précisé que cette estimation prenait en compte différentes manifestations et défilés dans la ville.

Depuis de nombreuses années, la volonté d'indépendance de la Catalogne secoue l'Espagne et anime de grands débats où la mesure et la retenue ne sont que trop rarement conviés. Cet appel à la mobilisation fait suite à l'invalidation par les autorités espagnoles d'un référendum tenu dimanche en Catalogne et portant sur la sécession de la région. "Personne en Europe ne peut demander (au gouvernement) de dialoguer sans respecter la Constitution", a affirmé à Madrid le porte-parole du gouvernement espagnol, Inigo Mendez de Vigo. Lors du vote interdit et fortement perturbé de dimanche, sans valeur démocratique fiable, quelque 90% des votants ont toutefois voté oui à la séparation avec l'Espagne, d'après le gouvernement catalan.

Depuis 2010, l'indépendantisme a gagné du terrain en Catalogne, alimenté par la crise économique et par la suppression du statut d'autonomie de la région par la Cour constitutionnelle, à la demande du Parti populaire (PP, conservateur) de Rajoy. Même si les sondages font état d'une réelle division au sein des Catalans sur la question de l'indépendance (41,1% pour et 49,4% contre en juillet), ces derniers jours ont sans doute fait bouger ces lignes. "Les indépendantistes font beaucoup de bruit, ils reflètent l'opinion de beaucoup de gens, mais pas de la majorité", dénonçait Joaquin, 55 ans, gérant d'une entreprise de produits chimiques qui a préféré rester anonyme.