Lundi, 23 Octobre, 2017

Les indépendantistes occupent les bureaux de vote — Référendum en Catalogne

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Mickael LaFromboise | 03 Octobre, 2017, 00:46

À la mi-journée, le silence régnait dans Barcelone, troublé ponctuellement par le vrombissement d'hélicoptères, des cris de manifestants et des sirènes de police.

Selon les services régionaux de santé, il y aurait au moins 91 blessés. "Nous pouvons tenir un référendum d'autodétermination assorti de garanties comme nous nous y étions engagés", a déclaré à 8h00 (06h00 GMT) le porte-parole du gouvernement régional Jordi Turull.

Le représentant de l'Etat en Catalogne a dénoncé l'attitude de la police régionale catalane qui n'est pas intervenue pour faire fermer les bureaux de vote qui devaient servir à l'organisation d'un référendum illégal.

"Sur les 2.315 bureaux de vote (.) 1.300 ont déjà été mis sous scellés" par la police catalane, a expliqué à la presse étrangère le préfet.

Il a affirmé que l'exécutif catalan disposait d'un "recensement universel" qui permettrait aux électeurs de voter dans n'importe quel bureau de la région.

Plusieurs Catalans ont envahi les écoles qui seront utilisées comme bureaux de vote où ils ont également passé la nuit.

Depuis début septembre, la tension monte dans la région de 7,5 millions d'habitants.

Il a souligné que "toutes ces décisions sont de l'ordre de la souveraineté espagnole" et que "ce n'est pas à lui de se prononcer sur le référendum et les choix politiques du gouvernement".

Mais les Catalans souhaitent majoritairement, à plus de 70%, un référendum d'autodétermination légal, selon les derniers sondages.

"J'ai voté. Ensemble, nous sommes inarrêtables pour défendre la démocratie", a écrit Piqué sur Twitter.

Forts de dizaines d'écoles occupées à la veille d'un référendum d'autodermination à hauts risques en Catalogne, les séparatistes se disent prêts pour cette consultation interdite par la justice et que le pouvoir central espagnol veut empêcher à tout prix.

Elles inquiètent beaucoup d'Espagnols qui sont pour la première fois descendus dans la rue par milliers samedi pour protester contre le référendum jugé non représentatif.

Carles Puigdemont a quand même réussi à voter à Cornella del Terri, à quelques kilomètres du bureau où il aurait dû voter mais que les policiers anti-émeutes avaient fermé.

Et dimanche la Une grave du quotidien El Pais assurait que la démocratie espagnole était "face à son plus grand défi" depuis la mort du dictateur Francisco Franco en 1975.